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La nécessité d’une mise à mort de L’UPADS.
Sous ce titre barbare se cache probablement l’ultime alternative viable qui s’offre à l’UPADS. L’affirmation de Pablo Picasso est d’ailleurs porteuse d’enseignements: « Tout acte de création est d’abord un acte de destruction ». La pérennité du rêve du Professeur Pascal Lissouba est tributaire d’une courageuse remise en cause, de fond en comble, de cette désuète machine électorale.
Il faut se rendre à l’évidence : un à un, tous les partis post-CNS rendent l'âme pour des raisons qui tiennent à leur inadaptation à la nouvelle donne. Le MCDDI de Bernard Kolelas et le RDD de Yhombi ont été victimes d’une OPA en bonne et due forme de la part du PCT, l’URD -Mwinda est dans une situation périlleuse, les incessants coups de boutoirs du pouvoir ont eu raison de la détermination de certains leaders de ce parti. Quant à l’UPADS, le coma profond perdure. Réduit à un simple décorum du paysage politique congolais, il nous rappelle le cycliste d’Alfred Jarry qui continuait à pédaler alors qu’il était déjà mort.
Ces partis construits autour de l'ethnie s'essoufflent quand ils ne disparaissent pas, surtout quand ils ne sont plus au pouvoir. Le « big bang » déclenché par la CNS n’a pas donné les résultats escomptés. On a malheureusement assisté à un retour insidieux de l’ethnie. Cette ethnie qui, une fois au pouvoir, organise un système de prédation de l'Etat avec un engouement qui frise l'hystérie. Par conséquent, à l’exception du parti au pouvoir, seuls ceux qui sont nés des dynamiques démocratiques ont la souplesse d’adaptation nécessaire qui leur permettrait de survivre à leurs créateurs respectifs.
Nous sommes à la fin d’un cycle, le contexte d’accession de Lissouba au pouvoir n’est plus le même, et il serait aujourd’hui illusoire de conjurer la désintégration de l’UPADS par des concepts incantatoires tels « la refondation » , ni « la rénovation ». Un parti, c’est une histoire, des corps, mais aussi des mémoires et des idées incarnées. Et quand il ne représente plus rien de tout ça, il ne provoque plus que colère et exaspération.
En tout état de cause, il n’y a plus rien en commun entre l’UPADS de MBéri et Moukouéké d’une part et de l’autre l’aile de Tsaty Mabiala. Au grand désarroi de leur électorat, ces leaders se départissent de leur conviction, sans état d’âme. Toute honte bue, et dans une démarche qui ne consiste qu’à promouvoir leur carrière, Mbéri, Tamba-Tamba et Moukouéké ont appelé à voter pour Sassou lors des dernières présidentielles. L'amphigourique Kignoumbi kia Mboungou, a simplement explosé le couvercle de l'ignominie en allant le premier féliciter Sassou pour une victoire qu'il venait de voler au peuple congolais.
Grace à la constance de ses idéaux, Moungounga Nkombo Nguila est susceptible de jouer un rôle capital pour enclencher le processus aboutissant à un nouveau parti qui rompra avec la machine à perdre actuelle. Cependant, la refondation qu’il prône n’a aucune chance de trouver un écho favorable auprès des autres. Les divergences des intérêts entre ces leaders, et même le choc des ego, auraient eu au moins la vertu de faire éclater les contradictions abyssales qui, seules, génèreraient le débat. Il n’en est rien, ils ne poursuivent malheureusement que leurs intérêts personnels. Les conséquences de leurs actes seraient moins graves si cela ne concernait qu’eux, mais il s’agit de l’alternative à la politique désastreuse de Sassou, de l’espérance de tout un peuple. On a rarement vu des politiques mettre autant d’énergie à s’autodétruire.
Ayant totalement perdu tout ce qui lui restait d’âme, l’acte de décès de l’UPADS doit être dressé très rapidement. Une refondation serait inopportune, seule d’une dislocation pure et simple créerait une véritable renaissance. Ce n’est pas antinomique de changer le nom du parti et de se reconnaître dans le lissoubisme. Emergera alors une personnalité charismatique, avec des ambitions claires, susceptible de rassembler l’électorat acquis aux idées du Professeur qu’il faudra impérativement mettre à jour. Le talent et la probité morale comme critères de sélection conjureraient une succession héréditaire. Un électorat potentiel ne suffit pas à concevoir un parti de gouvernement : tout parti s’identifie à un chef qui imprime son empreinte par sa capacité de mobilisation et sa force de proposition. Cette façon de faire aura le mérite de faire sauter la chape de plomb qui empêche de penser, d’imaginer et évidemment de reconstruire. En somme, réduire la confusion tout en renouant avec l’essentiel.
Loin d’avoir joué le rôle d’exutoire qui aurait permis de mettre sur table les grands problèmes qui minent ce parti depuis l’indisponibilité du Professeur, le congrès de Décembre 2006 a porté au paroxysme ces divisions notamment, en vouant aux gémonies la fameuse « bande des quatre ». Dans cet imbroglio, la candidature d’Ange Edouard Poungui, mal ficelée, est allée droit dans le mur de l’invalidation. La conquête du pouvoir, qui est l’objectif de tout parti digne de ce nom a été renvoyée aux calendes grecques, sans autre forme de procès. Sans moyens financiers conséquents sans programme clair, mais surtout sans personnalité charismatique devant animer cette grosse machine, toute entreprise sera vouée à l’échec.
Seule une formation politique qui épouse l’air du temps pourrait allier volonté de changer un peu le monde en redonnant à la politique ses lettres de noblesse. La dialectique qui a coutume de faire ses enfants dans le dos des acteurs de l’Histoire est à l’œuvre. Assurément, elle érigera demain sur les cendres de l’actuelle UPADS, et avec le concours de ceux qui feront le Congo de demain, un nouveau parti, moderne et réinventé.
Djess dia Moungouansi
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