| Congo-Chine : un partenariat gagnant gagnant à demi teinte (le 02/07/2007 à 18h21) |
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Congo- Chine : un partenariat gagnant- gagnant à demi teinte.
Dans le Livre Blanc publié en début d’année en Chine, on peut lire : « La Chine œuvre à établir et à développer un nouveau type de partenariat stratégique marqué par l’égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération dans un esprit gagnant-gagnant sur le plan économique ». Ce catalogue d’intentions, remarquable par sa forme, l’est moins dans son fond. C’est l’heure de la « realpolitik » chinoise. Avec 10% de part de marché en Afrique subsaharienne, la Chine en est devenue le premier fournisseur devant l’Allemagne et la France.
Dans la frénésie de cette croissance du volume des échanges de l’Afrique avec la nouvelle superpuissance mondiale que constitue la Chine, les africains en général et les congolais avec eux, se mettent à rêver. Rien d’étonnant quand on sait que les égards que la Chine montre envers nos pays changent la manière de regarder le continent africain. Ensuite, la Chine semble a priori offrir des prestations de qualité, réalisées pour des prix bien inférieurs à ceux que pratiquent les entreprises européennes. Les entreprises chinoises raflent par conséquent les appels d’offre en les contournant, notamment dans le bâtiment et travaux publics où ils proposent des prix moins élevés, pour des prestations de même qualité, réalisées en temps record, sans faire appel aux sous-traitants locaux.
Or, ce que les chinois appellent deals win-win ( accords gagnant-gagnant) est un véritable leurre car l’autre facette est moins reluisante. La naïveté congolaise semble donner de l’ampleur et de l’emphase à cette envolée des échanges entre notre pays et le pays du matin tranquille, superpuissance mondiale. Loin d’être dans des relations de type nouveaux basées sur le respect mutuel, nous sommes en réalité, en face d’une « appétissante collaboration chinoise» qui rafle tout sur son passage : droit de l’homme, écologie, morale, bref, tout ce qui entoure des rapports de coopération normaux est occulté
Sous prétexte de n’avoir aucun passif colonial avec les pays africains ( aucune occupation, ni guerre coloniale à se faire pardonner), les chinois sont peu regardants sur la nature des régimes politiques que leurs financements peuvent contribuer à soutenir. Ils mettent au même diapason des régimes vertueux, ayant fait siennes les fondamentaux démocratiques, comme celui du bénin et le régime corrompu de Brazzaville.
L’on sait que les valeurs prônées au sommet des Chefs d’Etats d’Afrique et de France à la Baule en 1990 ont sonné le glas au monopartisme en Afrique et ont été à l’origine des avancées démocratiques significatives sur notre continent, mais il est aussi opportun de reconnaître que les pays européens n’ont jamais été exemplaires et leur influence a toujours été perçue comme le premier pilier qui soutient les chefs d’Etats corrompus. La France par exemple n’a jamais rompu avec les pratiques du passé et de la Françafrique en soutenant sans réserve certains dirigeants locaux, incompétents, illégitimes et corrompus. Ainsi, affirmer certaines choses sans nuance, donnerait raison aux chinois et la leçon de morale occidentale soulèverait certainement des tempêtes de rires dans certains pays africains.
En disant cela, il y a un risque réel de tomber dans le piège du renvoi dos à dos. Chacun connaît la ritournelle « Affaires intérieures, …pas d’ingérence…on a le droit de faire des affaires avec n’importe qui…, la démocratie est un luxe qui n’est pas pour les pauvres, ou du moins n’est pas pour eux une priorité, etc…). De même, il paraît saugrenu et outrecuidant de vouloir que la Corée du Nord se démocratise et, à défaut, que la Chine renonce à y conserver un bastion stratégique.

La stratégie chinoise inspirée par un « dumping d’Etat »,vise l’anéantissement des entreprises existantes dans les nouveaux territoires de conquête pour installer des insidieux comptoirs coloniaux. Le commerce informel pratiqué par les chinois, met à mal ce secteur qui autrefois jouait un rôle d'adoption des migrants et un rôle d'accueil des agents économiques exclus du secteur officiel. Quiconque se rend aujourd’hui dans le moindre petit commerce congolais risque d’être surpris par la quantité de produits chinois qu’on y trouve. Des produits de première nécessité en passant par des biens de grande consommation, de l’électroménager, des équipements industriels…, ces produits ne sont plus a priori très différents de ceux que l’on peut retrouver en Occident et qui valent à la Chine son appellation d’« usine du monde ». Ce qui frappe ici, c’est la rapidité avec laquelle les Chinois se sont imposés sur les marchés congolais, en particulier ces dernières années. Nos entreprises déjà fragilisées par les affres de la mondialisation, perdent leur compétitivité et ce qui devait être notre fierté nationale est tout bonnement cassée. Notre élan entrepreneurial est ainsi plombé. En dehors des relations exclusivement commerciales avec les 20 000 chinois actuellement installés sur notre territoire national, aucune mixité susceptible de sceller un avenir commun n’est envisageable avec eux. Plus grave encore, dans leur cahier de charge, les chinois n’ont aucune obligation de former les autochtones. Par conséquent, aucune valeur ajoutée ne peut être attendue dans cette coopération, or, la contribution du capital humain à l’élaboration de la richesse des nations est reconnue universellement, même si certains de ses effets n’apparaîtront qu’à long terme. Ainsi, les investissements en ressources humaines favorisent l’acquisition de certaines compétences et l’accès à l’instruction d’une masse importante de la population. « The formation is the key of success » disent nos amis anglais.
Une coopération gagnant- gaganant supposerait que les chinois s’encombrent des exigences qui fondent la tendence actuelle : la mise en place des “entreprises citoyennes “. Ce sont entreprises qui doivent, non seulement faire des bénéfices, la raison fondamentale de leur existence, mais qui soient également dans l’obligation de faire la promotion dans le développement du citoyen.
La Chine a la réputation de ne jamais respecter les conventions internationales. Leur sourde oreille et leur obstination dans la situation du Darfour sont éloquentes. Les impératifs du développement durable étant totalement inconnus dans leur univers, les chinois déboisent nos forêts sans respecter aucune règle de préservation forestière. Nous avons encore en mémoire le ras le bol des ouvriers de Société nouvelle des ciments du Congo (Sonocc) de Loutété, malheureusement mal relayé par les médias nationaux. L’inobservation des lois du travail et la manifeste dégradation des conditions de salariés se résument par la réaction d’un ouvrier qui a fait le tour de monde: « Il y a ici une injustice pratiquée par la direction chinoise de l'entreprise qui s'apparente à une forme d'esclavage. Nous n'avons pas droit à une visite ou à l'assistance médicales, ni aux congés payés. Et quand un travailleur congolais est malade, le nombre de jours qu'il passe chez lui pour se soigner n'est pas pris en compte dans sa paie à la fin du mois".» (1)
Par ailleurs, même si son impact reste dérisoire, les opinions nationales des pays européens qui participent au pillage systématique des ressources naturelles africaines, rappellent à l’ordre tous les acteurs malveillants. Le travail qu’abattent des associations comme « Survie » ou « Global Whitness » pour la défense des intérêts de notre pays, a plus de portée que les petites manifestations de rue congolaises. Cet appui important est inexistants dans nos relations avec la Chine, car, le respect des droits de l’homme dans ce pays n’a jamais été sa priorité. Et toute revendication susceptible de mettre en difficulté l’approvisionnement en matière première provenant d’Afrique pour soutenir la croissance chinoise, est simplement prohibée dans ce pays. Une fois de plus, Lénine avait raison : « Un peuple libre ne peut pas en exploiter un autre ».
Pour des raisons liées à notre inadaptation à la nouvelle donne, nous n’avons jusque là jamais réussi à tirer notre épingle du jeu dans nos rapports avec notre ex-colonisateur que nous sommes censés connaître à travers nos relations séculaires, il semble donc hasardeux d’envisager des lendemains fructueux avec un partenaire, prêt à concéder tous les compromis pour assurer son approvisionnement en matière première. Il n y a que chez nous qu’une telle excessive crédulité peut avoir cours.
Le déferlement économique et commercial des chinois sur notre pays, ébranlera sans conteste, les fragiles équilibres géostratégiques congolais. Une chose est vraie : le brassage des cartes s’impose et notre grand partenaire la France devra en tenir compte, au risque de solder définitivement ce passif colonial. Face à cette coopération nouvelle, totalement inconnue, quels recours aurons –nous à long ou moyen terme quand les malfaçons vont apparaître ? Quel sera alors le coût réel de ces investissements ? Il n’y a guère d’illusions à se faire, une fois de plus, l’Histoire juge des temps saura dire le verdict : nous serons les grands perdants.
(1) Afriquecentrale .info – Le 4 Mai 2007
Djess dia moungouansi
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Quel homme pour le Congo du 3ème millénaire?
Vaste programme !
Au sortir de la Conférence Nationale Souveraine de 1991, les Experts dressaient un bilan sans appel : l’économie congolaise était sinistrée. Ce diagnostic qui pouvait déjà être retenu dans les registres noirs, s’apparente de nos jours à un euphémisme, au regard de l’état apocalyptique du CONGO actuel.
Tout a été dit, des perspectives intéressantes avaient été tracées, tant sur le plan des hommes que sur celui de nos ressources minières.
Malgré cela, et presque vingt ans plus tard, notre pays semble être frappé par une espèce d’incapacité à prendre le train de la démocratie. Les complexités qui fondent la corrélation entre démocratie et le développement étant vulgarisées, on est presque surpris par l’obstination de nos dirigeants à opter pour la fuite tangentielle .
Toutefois, même si notre pays semble s’enferrer de façon insidieuse, force est de constater qu’il reste - en dépit de toute vraisemblance- un pays doté d’éléments essentiels pour la mise en place d’une véritable rampe de lancement du décollage économique : des ressources humaines de qualité et des ressources naturelles diversifiées.
L’histoire nous rappelle que le régime républicain à Rome au cours de la première moitié du IIème siècle avant J.C n’avait atteint son apogée que parce que son efficacité reposait sur la parfaite adaptation des institutions et de la société.
Arriver à concevoir des institutions adéquates pour notre société multi ethnique suppose que nous ayons au sein de notre classe politique, une perle rare, une personnalité providentielle qui déclencherait l’ultime déclic ( voir l’article de Musi Kanda http://www.mwinda.org/article/musikanda19.html ).
Car, ne l’oublions pas : un des grands problèmes qui se posent à notre pays est de concilier la diversité ethnique et culturelle et la maturité que suppose l’appartenance à une seule et même nation. C’est pourquoi, cet homme aura à cœur à se définir comme étant, non seulement celui qui arriverait à point nommé pour tirer notre pays de ce mauvais pas, mais ensuite, il constituerait une chance, un secours exceptionnel.
J’ai toujours été sceptique quant à l’existence d’un tel homme. Cependant, je reste persuadé que certaines personnalités, par leur parcours et par leur pratique sociale peuvent donner le coup de pouce nécessaire à notre pays, et lui éviter la place de dernier de la clase auquel on veut l’y contraindre.
Le jeunisme, doctrine rétrograde qui consiste à penser que le bon Dieu nous devait une espèce de rente inépuisable, et que par la force du Saint esprit, « les vieux » disparaîtront pour nous laisser place, est à bannir. La jeunesse doit s’imposer par les idées et par sa force de frappe. C’est de cette manière que pourrait clore cette nouvelle race des jeunes ambitieux, patriotes et on évitera que cette vieille classe politique réussisse son « hold –up » en détournant l’attention des jeunes générations. Les jeunes qui doivent incarner l’alternance, hésitent de franchir le pas, en prenant véritablement leurs responsabilités.
Au moment où Sassou s’emploie à circonvenir ses opposants intérieurs les plus nuisibles dans le but de remplier une fois de plus pour 7 ans en 2009, il n’est pas sans intérêt de scruter l’actuel marigot politique congolais. J’avoue que ma démarche est risquée, mais osons !
Par la dimension des torts infligés au peuple congolais, Sassou, Lissouba et Kolelas ne peuvent aucunement obtenir leur laisser- passer pour incarner le renouveau et susciter l’espoir qu’ils avaient tout bonnement esquinter dans l’univers des congolais.
Le Général NGouolondélé :
Il a été le premier, bien que proche du pouvoir, à demander publiquement la démission du Président Dénis Sassou Nguesso, l’accusant d’avoir conduit le pays dans « une impasse socio-économique et politique ». C’est quand même naïf de penser qu’il suffit de demander une simple démission à quelqu’un qui est arrivé au pouvoir en marchant sur des milliers de cadavres de ses compatriotes pour l’obtenir.
Ses atouts : homme de renseignements et homme courageux
Inconvénients : Il est inféodé à la famille de Sassou avec laquelle il entretient des relations ambigües. Ensuite, les militaires ( retraité ou pas) véhiculent une image néfaste à laquelle on associe le pouvoir absolu et l’arbitraire.
Le Pasteur Frédéric Bitsangou alias Ntoumi
Ce rebelle avait pris les armes et s’était retranché dans son village et a pu défier le pouvoir central de Brazzaville pendant de longs mois. Aujourd’hui, on constate avec stupéfaction que ses revendications n’avaient comme seul but que la conquête d’un strapontin .
Ses atouts : Homme de Dieu et guérisseurs de fous.
Inconvénients : Il reste avec Sassou, les deux va-t-en guerre de notre pays. Son goût pour les armes et la bible l’empêcheront de porter l’habit d’un démocrate.
Bernard KOLELAS ( le Moïse du Pool ) qui a rejoint avec armes et bagages le Roi de Mpila n’est ni le messie qui mettait en transe ses supporters à la moindre apparition, ni celui sur qui le peuple Congolais pourra compter. En crise de dessein et de sens, il est devenu l’ombre de lui-même sans réelle ambition pour le pays. Il ne lui reste qu’une passion : lui-même, et une religion : gagner sa place dans l’oyocratie. Quel dommage !
A l’UPADS, on peut observer une chose : la désintégration de ce parti en différentes entités ne facilite pas l’émergence d’une personnalité de l’acabit de LISSOUBA. Tsaty Mabiala, le Secrétaire général issu du congrès de Décembre 2006, n’est reconnu, ni par le Secrétaire Général issu du congrès de 2005, Christophe MOUKOUEKE, ni par Paulin MAKITA, le Secrétaire par intérim( à vie) nommé par Pascal Lissouba.
Tsaty –Mabiala semble s’imposer comme vrai secrétaire général, mais là où le bât blesse c’est que son élection, effectuée au mépris des statuts de leur parti, jette le doute sur sa légitimité.
Dans le panel des personnalités militaires, Jean Marie MOKOKO pourrait faire l’affaire, à condition qu’il ait la souplesse d’adaptation qui lui permettrait de se métamorphoser à la manière de ATT. Peut –il véritablement s’affranchir des fourches caudines de Sassou ? That is the question.
L’on doit également se méfier des dinosaures, rentiers de la république qui ont un destin de feuille morte et naviguent allègrement dans tous régimes. Parmi eux, on peut citer Tchystère Tchikaya, Yhombi Opangault, Martin Mbéri , Victor Tamba Tamba etc..
Par la constance de son discours, NGuila MOUNGOUNGA NKOMBO est le seul homme politique congolais d’envergure qui n’a jamais travaillé avec Sassou. Ni sous Sassou I, ni sous la sinistre série sassouiste en cours ( Sassou II, SassouIII etc..). Cet argument ne suffit pas pour en faire la panacée ni l’homme providentiel. Toute fois, ces fréquentes périodes d’ascèse l’ont manifestement muri. Des doutes sur son humilité et sa radicalité sont levés. Sa parfaite connaissance des grands dossiers du pays n’est plus à démontrer. Les faits semblent accorder les suffrages à son léitmotiv « Au nom de l’unité nationale, on ne peut pas composer avec n’importe qui ». A-t-il l’envergure d’un homme d’Etat ? Son charisme et sa valeur intrinsèque peuvent lui donner la hauteur nécessaire pour se mettre au service de tous les congolais.
Encore fois, loin de faire l’apologie aveugle d’un acteur politique, ni la diabolisation ennuyeuse d’un tel autre, encore moins jouer les porte drapeaux des équilibristes, je n’ai fait que passer en revue le marigot politique congolais, souillé par des décennies de guerres fratricides, de pillage à grande échelle, de promotion de la médiocrité, mais surtout de propagation d’une pauvreté effroyable, massive. Chacun appréciera selon ses convictions. Et comme le disait Albert LONDRES « notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».
En tout cas, une revendication non négociable s’impose pour le peuple congolais : il doit reconquérir le droit de choisir librement ses dirigeants à travers les élections libres et transparentes. C’est le moins qu’on puisse dire.
Djess dia Moungouansi
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L’autopsie d’un imminent hold – up électoral.
Le Congo actuel s’apparente à une frêle embarcation à la dérive et dont l’issue fatale est connue : elle va être inéluctablement projetée contre les rochers de la côte et réduite en miettes. Le vent de la démocratie qui souffle sur cet océan de misère qu’est notre pays, est tellement violent qu’il ne restera au peuple congolais tétanisé, que des yeux pour pleurer. Et pourtant, personne ne peut à l’heure actuelle ignorer le credo de Sassou qui est de préparer l’arme stratégique pour s’approprier un pouvoir qui, dans un environnement de transparence, mais surtout dans une arène qui lui est quantitativement défavorable, pourrait sans conteste lui échapper.
Face à la grande machination du pouvoir en place pour réaliser le hold-up électoral le plus éhonté et surtout le plus abouti d’Afrique centrale afin d’obtenir le renouvellement de l’Assemblée acquise à sa cause, l’opposition, sortie d’une hibernation volontaire, semble mobiliser à hue et à dia ses dernières énergies en faveur de l’alternance. Mais tout fraudeur invétéré qu’il est, ce régime n’est pas prêt à lâcher du lest.
Faute de mettre en place un cadre juridique électoral sur lequel reposeront l’organisation et le déroulement des futures élections, Sassou maintient le découpage électoral le plus inique issu de la loi électorale de 2001. La démarche de ce pouvoir s’est nûment affirmée, il s’apprête donc à organiser des tripatouillages à grande échelle, aux quelles il faudra ajouter les « doubles inscriptions » ainsi que des erreurs portant entre autres sur l'identité, l'âge et l'adresse des électeurs. Est malin celui qui nous dira comment feront-ils pour mettre à jour le fichier électoral non seulement pour y éliminer les morts, mais ensuite pour y intégrer ceux qui sont en âge de voter.
N’ayant jamais digéré le statut de putschiste qui lui colle à la peau et qui lui va si bien, Sassou est toujours obsédé par la conquête d’un hypothétique habit de démocrate. Par conséquent, il ne ménage aucun effort pour atteindre cet objectif lointain qui ne consacre que les vrais démocrates dans l’âme et non les adeptes de la ruse.
La manœuvre la plus saillante et la plus déterminante reste à n’en point douter le ralliement, ou on dirait mieux l’allégeance de Kolelas à la Nouvelle Esperance, entérinée à travers « L’accord électoral entre le MCDDI et le PCT pour gouverner ensemble ». Tout a été déjà dit sur cet accord concocté dans une ambiance de marchand de dupes. « Denis Sassou Nguesso et Bernard Kolelas, c’est bien l’équilibre de “la peur”, mais, jamais le “ cessez-le-feu ” » disent les mauvaises langues. C’est dans le patrimoine symbolique du politique que Sassou va puiser son arme fatale en réactivant le défunt accord MCDDI-PCT investi d’une puissante charge émotive et idéologique basée sur le rejet de Lissouba. Cet accord, pensait-on, aurait fait preuve de dignité démocratique en faisant fonctionner les contre-pouvoirs afin de réguler les comportements prédateurs du pouvoir en place. Or, il ne visait que la fragilisation du régime en place pour accéder aux postes ministériels. On redoute une fois de plus que l’histoire ne se répète sous forme de farce comme le disait Marx. D’ailleurs, la manière d’agir de Sassou n’est pas condamnable, car après tout, l’art de manier la ruse et l’efficacité en politique, c’est aussi avoir cette capacité à rassembler en dehors de son camp, mais surtout savoir se servir des autres quand on en a besoin et ensuite avoir l’impudence de les jeter comme des serviettes usées quand on a fini de les discréditer : Paul KAYA et Martin M’BERI entre autres, en ont fait l’amère expérience. Reste que, bien qu’en train d’épuiser ses dernières cartes Kolelas est par son histoire et par ses actes plus ou moins controversés qui jalonnent l’histoire politique congolaise, un personnage à gérer avec une extrême prudence. On ne peut pas occulter l’espérance messianique que ce personnage suscitait et continue à susciter sur la jeunesse du Pool. On peut aussi, dans une moindre mesure le dire pour Lissouba et pour Sassou.
Près de dix ans après son retour par la violence, Sassou est en train de réussir à faire main basse sur la démocratie qu’il s’évertue à vider de sa substance, pour avoir le maximum de coudées franches. Cette main mise totale que Sassou veut conquérir sur l’ensemble du territoire national, se fait bien entendu en enrayant l’ascension politique de Kolelas qui tombe dans un piège implacable. Sans ambitions nobles par lesquelles se sont distingués les grands hommes qui ont marqué l’histoire, la conservation du pouvoir devient une fin en soi pour « boukouter » (néologisme franco congolais qui signifie … croquer à belles dents sur les fruits de la République, se servir et disposer des deniers publics en toute impunité) aux sommets de l’Etat. Le pouvoir et son entourage sont assimilés à un univers festif des jouisseurs des fruits de la République au détriment de la collectivité nationale et de l’Etat. A qui pourront-ils faire comprendre qu’il leur a manqué de pactole financier nécessaire pour redonner de l’eau, de l’électricité et s’occuper de la santé des congolais, alors que les recettes pétrolières crèvent le plafond ? Et même dans la profonde Likouala aux herbes, reste-t-il des compatriotes susceptibles d’avaler les grosses couleuvres, alors qu’ils sont en train de perdre jusqu’à leur dignité ?
Comme les mauvaises habitudes ont la peau dure, Sassou a repris son bâton de pèlerin pour propager les peurs au sein de la population. Oubliant le moment d’un voyage à Nkayi que son régime se nourrit de violence, Sassou a osé déclarer : « Nul n’a le droit d’évoquer la violence, au moment où l’on parle de dialogue et de recherche de consensus. ». Mais de quel consensus parle-t-il alors qu’il donne avec mépris et arrogance, une fin de non recevoir à l’opposition qui réclame obstinément la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante conçue de manière consensuelle ? Et la violence, ce n’est pas lui qui l’a érigée en seul programme de gouvernement en la banalisant ?
Plus qu’un devoir, la diaspora congolaise a l’obligation d’interpeller la communauté internationale et l’Union européenne sur le hold-up électoral qui se prépare au Congo : il témoigne d’une nouvelle dégradation de la situation des droits humains dans le pays. Le contexte actuel ne peut que déboucher sur des élections inéquitables, et sur la suppression de toute voix divergente dans ce futur Parlement croupion.
Une ultime issue semble s’imposer : le report des élections. En effet, l’impréparation des élections nous met dans des circonstances prévues par l’article 92 de la Constitution : le prolongement des mandats des députés et des sénateurs n’est possible « qu’en cas de circonstances exceptionnellement graves empêchant le déroulement normal des élections ». Nous avons un tableau désespérant qui met notre pays dans une situation « exceptionnellement grave » : pas de cadre juridique, pas de Commission électorale nationale indépendante ( CENI), pas de sérieux dans le règlement de la crise du Pool. Nous avons là une kyrielle d’ingrédients d’une extrême sensibilité qui peuvent à tout moment exploser. Il revient donc au gouvernement de saisir la cour constitutionnelle qui est la seule institution habilitée à reporter les élections.
Si on n’y prend garde, l’indépendance politique du Congo et l’espoir de démocratie suscité par la CNS seront à jamais confisqués par l’implantation aux sommets de l’Etat d’une classe de redoutables prédateurs, constituée en grande partie par la famille Sassou, des Géréraux improductifs, des alliés de circonstance et de quelques transfuges de l’ancien régime déchu qui piaffent désormais d’impatience pour rejoindre la mangeoire mpilienne. Et si la jeunesse qui a plus à perdre dans cette affaire ne se révolte pas contre cette distribution inégalitaire des rôles et des fonctions, contre cette domination, elle aura raté une réelle occasion pour prendre ses responsabilités…Restera à assumer pour longtemps, ce manque de courage.
Djess dia Moungouansi
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- Mwindapress
http://www.mwinda.org/article/djess8.html
-Congoplus.info
http://www.congoplus.info/article_congoplus-3335.html
- Africatime
http://www.africatime.com/Congo/nouvelle.asp?no_nouvelle=328321&no_categorie=
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