Cet article résume l’histoire
de l’actuelle République du Congo
de 1880 à aujourd’hui. Ce pays a acquis son indépendance en août 1960.
Ses autres noms à l’époque coloniale ont été Congo français puis territoire
du Moyen-Congo (pour le distinguer de l’État indépendant du
Congo devenu Congo belge en 1960).
La République du Congo actuelle est un pays d'Afrique centrale, parfois appelé Congo-Brazzaville pour le différencier d'avec
la République démocratique du Congo (appelée Congo-Kinshasa
pour la même raison). La
République du Congo a aussi été connue sous le nom de République
populaire du Congo de 1969 à 1992
avant de reprendre son nom d'origine.
La région du Congo au moment du premier
contact européen
Les
premières sources écrites sur la région à laquelle correspond aujourd'hui le
territoire de la République
du Congo sont issues des premières explorations européennes. Les Portugais
s'aventurent dans le golfe de Guinée à partir de la fin du XVe siècle ;
Diogo
Cão atteint l'embouchure du fleuve Congo
en 1482. Il effectue un nouveau voyage deux ans plus tard, au cours duquel il
dit avoir remonté le cours du fleuve sur plus de cent kilomètres, jusqu'aux
chutes de Yellala.
La
colonisation
française débute en 1875, date de la première expédition de Savorgnan de Brazza dans ce territoire.
De 1875 à 1878, celui-ci remonte l'Ogooué, puis la Mpassa. En 1880, lors
d'un nouveau voyage, il rencontre le Makoko de Mbé, Iloo, un chef exerçant son
autorité sur des chefs de terres autour de l'Alima et du fleuve Congo.
Savorgnan de Brazza obtient par traité l'autorisation d'installer une station
française à l'endroit où se trouve l'actuelle Brazzaville. En octobre 1880 le
premier établissement français est donc créé, sur le site de Mfoa sur les rives du fleuve
Congo. Au fur et à mesure de l'expansion coloniale, la France dépêche des
émissaires, qui obtiennent des traités similaires avec les autres chefs de
terre du territoire. Les premiers missionnaires s'installent dans la région en
1883, à Linzolo (environ 30
kilomètres au sud de Brazzaville) et Loango (au nord de
l'actuelle Pointe-Noire. Un vicariat apostolique du Congo français est créé en
1886, avec à sa tête Mgr Carrie. En 1903, le Congo Français devient territoire
du Moyen-Congo.
En
1910, le Moyen-Congo fait partie de l'ensemble de colonies du gouvernement
général de l'Afrique Equatoriale Française (AEF),
avec l' Oubangui-Chari, actuel Centrafrique et Tchad ;
son chef-lieu est Brazzaville. À partir de ces années, le territoire du
Moyen-Congo est livré aux compagnies concessionnaires, exploitant notamment le
caoutchouc, le bois et d'autres produits tropicaux. Le travail forcé et les
mauvais traitements infligés aux habitants de la région suscitent à plusieurs
reprises d'importantes polémiques en métropole. Une commission d'enquête est
mise en place, mais elle ne publie jamais ses conclusions. Les compagnies
concessionnaires qui sont à l'origine de cette exploitation sont, pour les plus
importantes : la
SCKN. Société concessionnaire du Kouilou-Niari, la C.C.S.O. Compagnie
Concessionnaire de la
Sangha-Oubangui, la CFAO. Comptoirs
Français de l'Afrique Occidentale, la SHO-Congo Société
de Haut-Ogoué et du Congo...
En
1910, Pointe-Noire devient capitale du Moyen-Congo, tandis que Brazzaville est
capitale de l'Afrique équatoriale française. En 1911 une première mission
hydrographique à partir du Gabon, dirigée par le lieutenant de vaisseau Audoin, est
lancée, pour le tracé d'un chemin de fer en Afrique centrale, de Brazzaville,
et qui arriverait à Libreville.
Ce
chemin doit permettre l'évacuation des matières premières des territoires de
l'AEF sans trop de difficultés. Une autre possibilité de tracé est évoquée par
le détracteur de l'arrivée à Libreville, deux arguments à leur avantage, tracé
long, et manque d'eaux profondes à Libreville. Le tracé au sud offre la
possibilité de deux baies en eaux profondes et d'être le plus court possible.
Il ne reste qu'à choisir entre Punta Negra - aujourd'hui Pointe-Noire
et pointe indienne. Le 13 juillet 1914, est signé le décret autorisant la
construction du chemin de fer et de ses deux ports Brazzaville sur le fleuve et
Punta Negra sur la mer. Le site de Punta Negra est choisi pour le port en mer.
En
1921, est donné le premier coup de pioche des travaux de la construction du
chemin de fer et de ses ports par le gouverneur général Victor Augagneur.
Les
premières élections municipales ont lieu en 1956 ; l'abbé Fulbert Youlou
est élu maire de Brazzaville, et Stéphane Tchitchelle maire de Pointe-Noire.
L'idée de l'indépendance fait son chemin, notamment grâce à l'influence du
matsouanisme sur les milieux politiques laris du Pool (l'abbé Youlou revendique
l'héritage d'André Matsoua), même si, comme dans le reste de l'Afrique
équatoriale française, elle est moins avancée qu'en Afrique occidentale. En
novembre 1958, à la suite de la loi-cadre de Gaston Defferre de 1956, le
territoire du Moyen-Congo devient la république du Congo ; elle est dotée
de l'autonomie, mais non de l'indépendance. Le Congo se prononce pour l'entrée
dans la Communauté,
et l'Assemblée nouvellement élue transfère la capitale à Brazzaville.
La République du Congo de
1960 à 1992[
Les premières
années du Congo indépendant[
Le
15 août 1960, le Congo accède à l'indépendance, comme la plupart des pays
colonisés de l'Afrique noire sous domination française en Afrique, d’abord sous
le nom officiel de « République congolaise » jusqu’en 1965 (pour la
distinguer de la première « République du Congo », ex-Congo belge
devenu indépendant peu avant la même année). Depuis cette période de confusion,
les deux pays seront informellement mais couramment désignés avec le nom de
leurs capitales respectives (Congo-Brazzaville pour l’ancien Congo français au
nord-ouest du fleuve, et Congo-Kinshasa pour l’ancien Congo belge), d’autant que
le nom des deux pays a changé plusieurs fois.
En
1960, l'abbé
Fulbert Youlou, alors premier ministre, devient le premier Président de la République du Congo. Il
reste à ce poste jusqu'en 1963. Au cours des événements des 13, 14 et 15 août
1963 - ces journées sont appelées les « Trois Glorieuses » - l'abbé
Youlou, est contraint à la démission sous la pression des syndicalistes. Le
général de Gaulle ne le soutient pas à cette occasion - alors que l'armée
française intervient six mois plus tard pour rétablir Léon Mba
à la tête du Gabon.
De
1963 à 1968, Alphonse Massamba-Débat remplace l'abbé
Youlou à la tête de l'État ; celui-ci, avec son équipe gouvernementale
formée en grande partie dans les écoles occidentales, se rapproche de la Chine communiste en matière
de politique internationale, et se prononce en faveur du socialisme. Le président
utilise l'expression de « socialisme bantou », instaure un parti
unique, et abandonne le pluralisme politique. Pascal
Lissouba puis Ambroise Noumazalaye sont Premiers ministres.
Beaucoup des cadres politiques de l'époque sont fascinés par le socialisme
scientifique ; mots d'ordre et articles de presse s'inspirent du style
alors en usage en URSS, en Chine et dans les démocraties populaires. En
témoigne ce mot d'ordre publié en une de l'hebdomadaire Etumba en juin-juillet 1968 :
«
Que
ceux qui se sont infiltrés dans les rangs des comités révolutionnaires pour se
servir et non pour servir le peuple tremblent. Car le châtiment de ce même
peuple les attend au tournant.
Que
ceux qui ont été portés aux comités révolutionnaires par la confiance des
militants continuent comme par le passé à travailler sans relâche pour la cause
de tous avec abnégation et désintéressement et le peuple lui-même saura
reconnaître leurs mérites[2].
»
La
politique économique privilégie les sociétés d'État en matières d'équipement
(logement, etc.) et les sociétés mixtes. Le secteur privé reste toujours très
puissant par le biais des sociétés étrangères, notamment la CPC (Compagnie des Potasses du Congo),
ELF-Congo dans le secteur du pétrole, et plusieurs sociétés d'exploitation du
bois, qui représente la première ressource budgétaire.
En
1965, des Brazzavillois expulsés de Kinshasa par le gouvernement de Moïse
Tshombe reviennent au Congo. À cette date, la voisine « République du
Congo » (à Kinshasa) devient la première « République démocratique du
Congo » par décision présidentielle (dans une quête de légitimité et
« d’authenticité »), et la « République congolaise » (ex-Congo
français au nord-ouest du fleuve Congo) gardera pour elle le nom de
« République du Congo » ce qui ajoutera à la confusion entre les deux
pays, et entérinera pour longtemps la désignation informelle de
« Congo-Brazaville »
Le
2 août 1968, à la suite du soulèvement de certains éléments de l'armée,
Massamba-Débat est contraint de se retirer à Boko (région du Pool), son village
natal, puis de donner sa démission le 4 septembre 1968. L'élément déclencheur
du putsch a été l'arrestation du capitaine Marien Ngouabi, officier de l'armée
congolaise connu pour ses convictions socialistes. Libéré le 31 juillet par un
groupe de parachutistes, celui-ci crée le 2 août le CNR (Conseil national de la Révolution), dont il
prend la tête. Le capitaine Alfred Raoul, proche de ce dernier, fait fonction
de chef de l'État jusqu'à ce que le CNR s'autoproclame « organe suprême de
l'État » le 31 décembre 1968. À partir de cette date, Marien Ngouabi, qui
s'est entretemps promu au grade de commandant, est chef de l'État congolais.
La république populaire du Congo
Le
31 décembre 1968, le capitaine Marien
Ngouabi devient président du Congo, celui-ci réaffirmant l'option
socialiste du pays. le Congo connaît sa deuxième république, cette fois une
république populaire. L'administration est centralisée à Brazzaville, les
principaux postes sont occupés par les cadres du Parti congolais du travail (PCT), qui a
tenu son congrès constitutif du 29 au 31 décembre 1969 à Brazzaville. La République du Congo
devient « République populaire du Congo[3] »,
elle adopte le drapeau rouge et un nouvel hymne national, Les Trois
Glorieuses, qui fait référence aux trois journées de soulèvement qui
avaient entraîné la chute de Fulbert Youlou en août 1963.
Le
régime est instable et doit faire face à de nombreuses tentatives de coup
d'État : à la tête d'un commando, le lieutenant Kinganga s'empare des
bâtiments de la radiodiffusion et télévision congolais le 23 mars 1970, avant
d'être abattu ; le 22 février 1972, le lieutenant Ange Diawara tente de
prendre le contrôle de Brazzaville, avant de prendre le maquis dans la région
du Pool, où il résiste au pouvoir jusqu'au printemps 1973. De nombreuses vagues
d'arrestations touchent les personnalités soupçonnées d'être impliquées dans
ces tentatives, notamment l'ancien Premier ministre Pascal Lissouba, arrêté à
plusieurs reprises, notamment à l'occasion des grèves de 1976 à Brazzaville et
de l'assassinat de Marien Ngouabi en 1977.
Au
cours de cette période, le Congo reste dépendant de l'extérieur, en particulier
en ce qui concerne les produits alimentaires et manufacturés ; son
économie repose sur les exportations de matières premières brutes (bois,
potasses, pétrole, fer, etc.). Les ressources pétrolières restent modestes, et
le pays est loin d'atteindre la prospérité relative du Gabon voisin.
Le
18 mars 1977, le président Marien Ngouabi est assassiné dans sa résidence. Dans
les jours qui suivent, le cardinal Émile
Biayenda, archevêque de Brazzaville (le 22 mars) et l'ancien président de la République Alphonse Massamba-Débat sont également
assassinés. Le 5 avril 1977, le colonel Joachim Yhombi-Opango, devient président de la République, et ce
jusqu'en février 1979.
Le
5 février 1979, le colonel Denis Sassou Nguesso, prend le pouvoir ; il qualifie
par la suite son coup d'État de « riposte résolue de l'ensemble des forces
de gauche de notre pays contre le courant droitier », visant à rompre avec
« la politique d'irresponsabilité, de démission nationale, d'obscurantisme
et d'aplatissement devant l'impérialisme des éléments de la bourgeoisie
bureaucratique[ ».
Il reste au pouvoir jusqu'en août 1992. D'une manière générale, les successeurs
de Ngouabi ne modifient guère la gestion des affaires de l'État, qui reste
fondée sur le monopartisme et la centralisation de l'activité politique et
administrative (système dit « Obumitri » pour « oligarchie,
bureaucratie, militarisme et tribalisme »). Denis Sassou-Nguesso se pose
en seul héritier légitime de Marien Ngouabi, la presse gouvernementale
(notamment le journal Etumba) le présentant comme le mokitani
ya Marien Ngouabi (« digne successeur de Marien Ngouabi » en lingala).
Les
tensions s'accentuent à la fin de la première présidence de Sassou-Nguesso, en
particulier après l'adoption d'un plan d'ajustement structurel en juin
1985, la dette extérieure du Congo étant devenu impossible à maîtriser. Des
émeutes lycéennes se produisent les 9 et 11 novembre 1985. Mais le régime ne
commence réellement à perdre le contrôle de la situation qu'au milieu de
l'année 1990. La
Confédération syndicale congolaise (CSC) présidée par Jean-Michel
Bokamba-Yangouma, s'oppose à un projet d'abaissement de l'âge de la
retraite des fonctionnaires de 60 à 55 ans, et se détache peu à peu du parti
unique. Elle prend son indépendance le 16 septembre 1990. La fin de l'année est
marquée par de nombreuses grèves.
Le Congo depuis 1991[
La Conférence nationale
souveraine(CNS)
La Conférence
nationale s'ouvre en février 1991, et se proclame immédiatement souveraine.
Elle est présidée par l'évêque d'Owando, Mgr Ernest Kombo. Y siègent des représentants de
l'État, de partis politiques et d'associations de la société civile. Le
président Sassou-Nguesso se voit retirer la plupart de ses prérogatives, mais
n'est pas destitué. Un Conseil supérieur de la République (CSR)
remplace l'Assemblée nationale populaire.
Une
nouvelle constitution est approuvée par référendum le 15 mars 1992, avec
96,3 % de oui. La
République populaire du Congo redevient « République du
Congo », la question de distinction avec le Zaïre voisin n’étant plus
pertinente non plus. La désignation informelle du pays
« Congo-Brazzaville » est cependant réapparue en 1997 lorsque le
Zaïre voisin a repris aussi officiellement son ancien nom de « République
démocratique du Congo » à la fin du régime de Mobutu,
causant des disputes diplomatiques entre les deux pays au sujet de l’appropriation
du nom (pourtant légitime historiquement et géographiquement) repris par
l’ex-Zaïre (qui a voulu même aussi reprendre le nom Congo sans qualificatif,
une requête maintenant abandonnée).
Dans
la foulée de l'adoption de la nouvelle constitution se tiennent les différentes
scrutins : municipal et régional en mai 1992, législatif en juin-juillet.
Lors des législatives, l'UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale)
de Pascal Lissouba arrive en tête devant le MCDDI (Mouvement congolais pour la
démocratie et le développement intégral) de Bernard
Kolélas et le PCT. Lors de l'élection présidentielle, en août, Pascal
Lissouba et Bernard Kolélas passent le premier tour avec respectivement 35,9 et
20,3 % des voix. Denis Sassou-Nguesso arrive en troisième position avec
16,9 % des voix ; au deuxième tour, il apporte son soutien à Pascal
Lissouba, qui est élu avec 61,3 % des suffrages contre 38,7 % à
Bernard Kolélas.
Les années Lissouba[
Lors
des pourparlers en vue de la constitution du gouvernement, Lissouba propose à
son allié Sassou trois ministères, dont l'Agriculture et les Sports. Cette
offre est jugée insuffisante par Sassou, qui exige que ses trois poulains, Grégoire Lefouoba, Isidore
Mvouba et François Ibovi, la refusent.
Malgré
cette interdiction, Grégoire Lefouoba fait défection et accepte le poste de
ministre de l'agriculture. Maurice-Stéphane Bongho Nouarra (UPADS) est Premier
ministre. Sassou change alors de camp et s'allie à Bernard Kolélas, l'infortuné
du 2e tour de l'élection présidentiel. C'est le début d'un bras de
fer entre d'un côté le président Lissouba et de l'autre la nouvelle alliance de
l'opposition sous le label URD-PCT et apparentés. Cette nouvelle coalition
majoritaire à l'Assemblée vote une motion de censure contre le gouvernement en
place qui tombe. Lissouba doit dissoudre l'Assemblée. Des manifestations ont
lieu : trois personnes succombent à des tirs de police (fusillade dite
« du Centre culturel français ». En décembre, Claude Antoine Da Costa
(UPADS) forme un nouveau gouvernement.
L'opposition
URD-PCT conteste le résultat du premier tour des élections législatives de
mai-juin 1993 et perturbe le deuxième tour, qui ne peut se tenir dans toutes
les circonscriptions. C'est le début d'affrontements armés. Sassou fournit une
aide logistique conséquente à Kolelas qui crée une milice de Ninjas (ces
miliciens pour la plupart sont issus du Pool, un département du sud ; on
parlera de "Ninjas de Kolélas"). Sassou de son côté continue à
s'aider de la milice des Cobras du PCT. Lissouba, qui constate que l'armée
refuse d'affronter les Ninjas, crée la milice des Cocoyes. Jacques Yhombi-Opango est
nommé Premier ministre en juin.
En
juillet 1993, les Cocoyes et les Ninjas s'affrontent dans les quartiers sud de
Brazzaville (Bacongo, quartier d'origine de plusieurs habitants du Pool). C'est
le premier affrontement civil. En 1994, dans un souci d'apaisement, Kolélas
intègre le gouvernement, comme "opposition constructive". En mai-juin
1994, une loi dite de décentralisation est votée, consacrant ainsi l'autonomie
de gestion reconnue dans la constitution de mars 1992.
Sassou
est hostile au compromis d'« opposition constructive » et met à
profit cette période pour préparer un coup d'État : de 1995 à 1997, il
voyage beaucoup entre sa région d'origine (Oyo, dans la région de la Cuvette), le Gabon et la France. Il rencontre
dans le nord de nombreux réfugiés, civils et militaires, d'origine rwandaise
(dont les miliciens "Hutu Power"). Ceux-ci, arrivés avec le HCR, ont
même créé leurs propres villages dans divers endroits. Sassou en intègre
certains au sein de sa milice Cobra, en tant qu'instructeurs. Des réfugiés
civils rwandais sont formés aux combats. En parallèle, Sassou continue à
recevoir des armes depuis plusieurs pays voisins (Gabon, Angola).
En
1997, Sassou veut entrer dans une ville du nord, Owando, sur une chaise à
porteur traditionnelle réservée aux dignitaires locaux. Les villageois s'y
opposent. Les Cobras, présents, ouvrent le feu et font plusieurs morts. Sur la
route de Brazzaville, Sassou s'arrête à Oyo où il continue à faire massacrer
les fuyants d'Owando.
Le
5 juin 1997, des militaires gouvernementaux entourent la résidence de Sassou à
Brazzaville, sur mandat d'amener du procureur d'Owando contre deux officiers
impliqués dans les violences des semaines précédentes. Sassou déploie alors un
impressionnant armement (chars légers, canons) et ses troupes combattent
l'armée congolaise.
Le
15 octobre 1997 la guerre civile du Congo voit la victoire de Denis
Sassou-Nguesso, aidé par des troupes angolaises. Il abroge la constitution de
1992.
Le retour de Denis Sassou-Nguesso[
Après
une période de relatif apaisement, le président Sassou met en place des
instances provisoires de gouvernement, notamment le Conseil national de
transition (CNT). Le conflit reprend à la fin de l'été 1998. La population des
quartiers sud de Brazzaville doit fuir en décembre 1998 ; l'armée y mène
ensuite une opération de « nettoyage » qui fait de nombreuses
victimes.
Le
pouvoir ne reprend le contrôle de la quasi-totalité du territoire qu'à
l'automne 1999 ; une partie du Pool reste aux mains de la rébellion. À la
fin de l'année, Sassou-Nguesso tente de relancer une politique dite de réconciliation
nationale. Il signe des accords avec la République démocratique du Congo et le HCR pour
le retour des réfugiés qui avaient fui la guerre civile en se réfugiant à
Kinshasa. Au cours de ces retours, plusieurs centaines de disparitions ont été
constatées par les familles et les observateurs internationaux. De nombreux
réfugiés ont été exécutés par les forces de sécurité congolaises : c'est
« l'affaire des disparus du Beach ». Le chiffre de 353 disparus est
évoqué.
En
2002 est adopté une nouvelle constitution supprimant le poste de premier
ministre, renforçant les pouvoirs du président de la république. Le président
est élu pour un mandat de 7 ans renouvelable une seul fois. La même année a
lieu l'élection du président de la république ; Denis Sassou-Nguesso est
reconduit à son poste.
Le Congo depuis 2002[
Le
septennat de Denis Sassou-Nguesso de 2002 à 2009 est marqué par le retour à la
paix civile, même si des troubles subsistent dans l'Ouest du Pool. La flambée
des cours du pétrole enrichit considérablement l'État, dont le budget annuel
dépasse pour la première fois les 1000 milliards de francs CFA. De nombreux
projets de construction d'infrastructures sont entrepris (port de Pointe-Noire,
autoroute Pointe-Noire - Brazzaville...) en coopération avec des États et
entreprises étrangers (France, Chine...).