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Ce blog "PERSPECTIVES CONGOLAISES" est animé par Djess dia Moungouansi,Observateur attentif et analyste politique congolais, qui décortique avec rigueur et honnêteté intellectuelles, toutes les facettes subtiles de la politique congolaise.
« La critique est aisée, l’art est difficile » dit l’adage courant, c’est pourquoi j’ai toujours mis un point d’honneur d’allier toute critique à une proposition. Vos réactions aux différents articles proposés feront manifestement avancer le débat, car, personne n’a le monopole de la vérité. Dans tous les cas, votre apport est appelé à être décisif.
Djess
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Journal de Télécongo
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| L’heure de dire « non » a sonné (le 30/08/2008 à 17h51) |
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L’heure de dire « non » a sonné
Dans « La Marée du soir », Montherlant a écrit « Il n’ y a que deux partis dans tout pays : ceux qui osent dire non, et ceux qui ne l’osent pas. Quand ceux qui ne l’osent pas dépassent en nombre considérable ceux qui l’osent, le pays est fichu ».Reprenons à notre compte cette pertinente réflexion.
Plus qu’une nécessité, il incombe à tout peuple de dire « non » pour afficher ce qu’il a comme principes “supérieurs”. Il s’arme ainsi de courage pour relever un grand nombre de défis qui s’imposent à lui et refuse d’être à la merci des dirigeants véreux. Quand un « non » est pleinement motivé, il devient une force redoutable d’une puissance insoupçonnée. Le « non » des congolais, exprime les rancœurs depuis longtemps étouffées par la chape de plomb qui continue à oblitérer leurs destins. C’est en réalité une résistance contre l’hydre au milles têtes qu’est le pouvoir putschiste de Mpila qui met toujours en avant la terreur qui reste son arme stratégique par excellence et qui continue à justifier tant de violences par des arguments de sophistes.
Sassou et son clan jouent une partition aisée, et l’opposition congolaise, faute d’un projet fédérateur, choisit à hue et à dia une ruée vers la mangeoire de Mpila, jetant aux orties ses convictions. Aussi, quand ceux qui sont censés représenter cette opposition rivalisent de médiocrité et d’amateurisme, il y a fort heureusement, une frange représentative de la jeunesse congolaise qui n’a rien, sauf le courage de le faire savoir, et qui décide de dire « non » à un désordre qui s’est depuis belle lurette déguisé en ordre.
Au moment où l’essentiel de la population du Congo traverse une situation économique dramatique, marquée par une pénurie des denrées de première nécessité, des coupures incessantes d’électricité, par la rareté de l’eau potable, une jeunesse sans perspectives lisibles, sans compter la propagation du Sida, le président de la République, ses ministres, ses députés nommés et ses sénateurs se la coulent douce. Et même il a pris, sur lui, la lourde responsabilité d’organiser les « municipalisations accélérées », qui restent à plusieurs égards, l’occasion rêvée par les courtisans de Mpila, de se remplir les poches avec des contrats juteux, pour lesquels ils n’ont aucun compte à rendre ni une quelconque obligation de résultat; le système de prédation mis en place, ne donne que des réponses timorées, si peu efficaces , orientées à dessein dans le sens de distraire le citoyen en détournant son attention des multiples périls qui le menace.
Tous les observateurs avertis de la situation nationale ont constaté que depuis le retour sanglant au pouvoir de Sassou, le pays patauge dans des difficultés sans précédent et une crise économique, sociale et même morale a élu domicile au pays, du fait de la mauvaise gestion des recettes pétrolières par le pouvoir qui a fini de démontrer à la face du monde, son incompétence. La famine qui avait élu domicile dans le monde rural a actuellement installé ses quartiers à Brazzaville et à Pointe-Noire, où les populations vivotent et certaines ne sont plus en mesure de s’assurer un repas quotidien correct. Ainsi pour tromper leur faim, elles usent d’expédients.
Devant cette situation catastrophique et alarmante, l’exode rural et l’émigration clandestine sont devenus les seuls recours des jeunes désemparés qui, ne pouvant trouver du travail dans leur terroir, s’exilent. Certains d’entre eux ont grossi le lumpenprolétariat des villes et face au désœuvrement et au manque, ils s’adonnent à l’agression d’honnêtes citoyens, parce qu’en quête de pitance dans un parterre de nouveaux riches, construisant par-ci, par-là de somptueuses villas et roulant dans des véhicules dernier cri, narguant ainsi les masses laborieuses confrontées à toutes les difficultés.
Mr Sassou Nguesso est devenu sourd au cri de détresse de son peuple à genoux ; ce qui l’intéresse et l’obnubile présentement, c’est comment préparer la pérennité dictatoriale, il s’attèle pour cela à assurer des passerelles en or aux enfants, cousins et courtisans. Ceci explique sa propension à violer de façon permanente, sa propre constitution, pourtant taillée sur mesure. Poussant le bouchon au fond de la bouteille, le clan au pouvoir avec à leur tête leur «khalife», ont érigé en règle l’agression contre des partisans de la démocratie. M. Jean-Pierre Lekonia qui venait de terminer sa journée de travail comme permanent de l’Association « Marien Ngouabi et Ethique » à Talangaï et M. Mabio Mavoungou Zinga, ex député RDPS ont subi les foudres d’un pouvoir fondamentalement à l’encontre des intérêts du peuple. On déplore, à Pointe-Noire, le traitement affligé à plusieurs citoyens chargés dans des pick-up de la police menottés (une centaine selon la thèse officielle) lors des obsèques de Thystère Tchicaya. Leur sort est aléatoire.
Aujourd’hui, leur cible est la presse privée, celle-là qui refuse d’être bâillonnée, cette presse vouée aux gémonies par le pouvoir et ses thuriféraires tout simplement parce qu’elle veut informer vrai et refuse dignement de caresser le pouvoir dans le sens du poil. Pour cette raison, M.Christian Perrin, Directeur de l’information de « Télé Pour Tous » à Pointe-Noire a été enlevé, séquestré et victime de diverses humiliations.
Comment comprendre le mépris permanent de ce pouvoir à l’égard des textes qui garantissent les droits de l’homme ? Quelle signification peut-on donner à l’œuvre d’une personne qui, une fois au pouvoir par les moyens que l’on sait, s’évertue à installer le règne de la pensée unique, mais surtout à ériger l’incompétence et la médiocrité en règle ?
Chers compatriotes, l’heure d’arrêter ce monarque a sonné. L’élection présidentielle de 2009, sera manifestement l’occasion des fraudes géantes et ne nous garantira pas une alternance. Le boycott, comme le prétendent certains borgnes politiques, est la pire des solutions (le boycott des futures élections: la pire des solutions), la seule réponse à un tel comportement reste la lutte pour des élections libres et transparentes. Ainsi, jeunes, vieux, hommes et femmes doivent se mobiliser pour la mise sur pied de comités d’autodéfense, afin de sauver ce pays des dérives autoritaires du fascisme.
Ceci dit, comme on le sait, c’est à nous de payer le prix d’un retour à un environnement démocratique, personne ne le paiera à notre place. Nous ne l’obtiendrons jamais à crédit (« Le Crédit a voyagé », dixit A.Mabanckou).
Djess dia Moungouansi
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| Oyocratie : et si c’était la fin de règne ? (le 16/07/2008 à 18h42) |
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Oyocratie : et si c’était la fin de règne ?
Assurément, notre pays est en train de rater le train de la démocratisation que la CNS avait gracieusement mis à notre disposition. La dévolution du pouvoir par les urnes, une perspective renvoyée aux calendes grecques. L’espoir que certains naïfs avaient mis sur le retour de l’ordre kaki incarné par Sassou se transforme chaque jour en cauchemar. C’est le moins qu’on puisse dire… .C’est l’autocratie à la sauce d’Oyo qui éclate dans toute son horreur et propage de façon insidieuse, aux tréfonds de la société congolaise, ses venins dont les plus saillants sont : corruption, gangstérisme politique, allégeance etc..
Plus d’une décennie après son retour sanglant au pouvoir, Sassou semblait résister à tout. Avec la levée de bouclier du peuple de Pointe-Noire, mise à jour à l’occasion des obsèques de J.P Tchystère Tchikaya, ce peuple , jadis tolérant à l’égard de ce pouvoir, par la présence de Mme Tchibota qui est une des leurs, on est presque stupéfait par l’ampleur de sa détermination.
Plutôt que de pérorer sur les turpitudes du clan de Mpila, la réflexion devrait à mon avis être axée sur ces signes avants coureurs de fin de règne, gros comme le nez sur la figure, nourris qu’ils sont par les structures historiques de violence et de prédation que favorisent désormais cette absence d’Etat.
Tout observateur attentif, attaché à ce pays martyrisé, pouvait le prévoir, n’en déplaise aux conseillers de Mpila qui minimisent la portée des ces actes, le pire est à craindre.
Les rafles opérées dans le milieu de l’illustre disparu ne feront pas baisser la tension, au contraire, elles créeront des fortes coalitions .Ces jeunes qui ont entre 20 à 40 ans qui n’ont jamais connu un bulletin de salaire et qui savent que 300 000 barils /jour de pétrole sont produits par notre pays, exigeront de voir la couleur des pétrocfa. En définitive, tous les jeunes du Congo se reconnaissent en ces jeunes et sont prêts à apporter leur solidarité.
Les quelques marionnettes du Pouvoir de Mpila au Kouilou ne constituent plus ce rempart redoutable face à la colère d’un peuple qui contemple tétanisé, l’arrogance d’un pouvoir autiste.
La lourde atmosphère qui s’est établie avec entêtement au Congo-Brazzaville, ressemble à s’y méprendre aux deux fins de règne dictatoriales les plus emblématiques, mais surtout riches en enseignements. Cette ambiance morose est symptomatique d’une histoire qui tourne court, d’autant qu’elle joue contre son peuple, les ingrédients de son anéantissement sont inhérents à un tel système.
Le 25 décembre 1989, à la faveur de la chute du mur de Berlin, le peuple roumain se souleva en emportant tout sur son passage. Reniant le contrat qui le liait à son client, l’Avocat de Ceausescu n’avait d’autre choix que de persuader son client que le préjudice qu’il a fait subir à son peuple ne méritait ni plus ni moins que la peine capitale. A la suite d'un « procès » expéditif rendu par un « tribunal » auto-proclamé (une cour martiale de complaisance), réunie à Târgovişte, Nicolae Ceauşescu et Elena Petrescu, coupables de « génocide », étaient condamnés à mort et aussitôt fusillés dans la cour intérieure du « tribunal ».
Toute proportion gardée, la révolte de Pointe-Noire par sa spontanéité, fera des ravages et en appellera d’autres. Une brèche est manifestement ouverte…
Le Général NGouolondélé, écarté du boukoutage, néanmoins, père du maire nommé de Brazzaville, discourait avec emphase, à qui voulait l’entendre sur le régime actuel qui connaîtrait ses derniers soupirs, tant, la sécurité d’Etat qu’il dirigea de main de maître pendant longtemps, devenait incapable d’anticiper de tels soubresauts. Il a superbement oublié l’eau qui a coulé sous les ponts, l’omniprésence du téléphone portable et de l’Internet qui ont mis a mal tout le système de fonctionnement rudimentaire basé exclusivement sur la délation et la corruption. Désormais, tout ce qui se dit ou s’écrit à Tchambitso à l’instant (t) est relayé à Brazza la seconde suivante. Par conséquent, plus besoin de Télécongo ni de la Télé de Dabira, émanation du pouvoir pour savoir que notre pays reçoit entre 300 et 350 milliards de Cfa de recettes pétrolières chaque mois.
Par les similitudes, nous sommes plus proches du fin de règne du Président Fondateur MOBUTU . Le 7 Septembre 1997, le léopard qui s’est couché sans cris ni crocs, victime du déluge qu’il menaçait de faire subir à son peuple. Il mourut loin de sa patrie pour l'avoir traitée pas comme son bien personnel mais telle une chose que l'on méprise. Il crut qu'il était l'homme, au dessus des hommes. Il a assassiné, il a appauvri la population, épargné et enrichi ceux qui lui obéissaient au doigt et à l'oeil. Il menait grand train pendant que le peuple croupissait dans la plus sombre misère de l'histoire de son pays. Cà ne vous rappelle rien ?
Eh ben, Sassou enrichit tout ceux qui lui font allégeance, transforme ses opposants en esclave, nomme des incompétents à des postes de responsabilité stratégiques, mais surtout encourage les détournements pour offrir une occupation à sa cour. La déliquescence du système se traduit par ce laxisme, et l’évaporation par Okombi Salissa de 900 millions de Fcfa dans le tourbillon de son village Lekana, est une manifestation du pourrissement de ce système. Pour service rendu, il se sait à l’abri de toute sanction . Au contraire, il gagne l’estime de son chef qui a cette propension à récompenser les brigands. C’est donc cette pépinière de salauds qu’il a scrupuleusement entretenue pour assurer sa survie dans un environnement qu’il a pourri à dessein.
Le contraste est net entre les rémunérations et le coût de la vie, entre les salaires effectifs et certaines marques de standing. Comment expliquer, en effet, l’étalage des signes les plus ostentatoires de la richesse, villas grandioses au style postmoderne , construites derrière de hauts murs surmontés de barbelés, multiplication des véhicules tout-terrain, omniprésence des téléphones portables... ? Ces manifestations d’opulence jouxtent la misère la plus criante (développement de la mendicité, ruine des équipements publics...). L’inflation galopante et le manque de perspectives expliquent le marasme ambiant, mais aussi les marques de mécontentement comme la révolte de Pointe-Noire.
Cet effritement du tissu social est à la base de la perte des valeurs qui inexorablement conduisent les congolais vers un matérialisme frénétique dans la recherche du bien-être. Ceux qui s’enivrent des abondantes recettes pétrolières sont malheureusement incapables de créer de la richesse, seule l’opulence reste leur seul programme de société.
Le 18 avril 1980, le président de la Tanzanie, Julius Nyerere, s’adressant à un autre dictateur Robert Mugabe avait dit: «Vous héritez d'un bijou, prenez-en bien soin!».Il est temps que le peuple congolais à l’unisson dise à Sassou « Vous avez suffisamment abîmé ce bijou, remettez-le aux vrais patriotes, une fois de plus, par leur indulgence légendaire, il se peut que le peuple vous pardonne de l’avoir appauvri et d’avoir fait de lui, le plus endetté sur terre par tête d’habitant. »
Djess dia Moungouansi
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| Le système Sassou ou le festival des hyènes (le 01/02/2008 à 13h35) |

Le système Sassou ou le festival des hyènes.
Au fil des jours, le Congo devient ce pays où s’agglutinent tous les périls : ethnique, tant les 3 millions de congolais constituent moins une nation qu’une mosaïque, le système Sassou met en place des obstacles à une harmonisation interne d’éléments qu’il rend de plus en plus irréconciliables ; religieux, avec la prolifération des églises de réveil qui ont à l’heure actuelle pignon sur rue et qui, en se substituant à l’Etat en organisant des thérapies de groupe alors qu’elles devaient être formalisées dans un programme lisible, avec des professionnels de la psychothérapie, de la psychanalyse, de la psychiatrie etc. ; sanitaire, avec des pandémies sans précédent qui anéantissent des populations déjà désemparées ; idéologique enfin, avec cette paranoïa obsidionale qui a toujours poussé Sassou dans cette obsession de la sécurité en relayant au second plan des priorités ( l’eau, l’électricité, les soins pour tous) au demeurant plus pressantes.
Le Congo actuel se résume dans la métaphore d’un gentil animal de compagnie, victime des fauves de la Nouvelle Esperance et dont la décomposition avancée mobilise tous les ayants droits de la chaîne alimentaire, au premier rang desquels on trouve les hyènes. Par conséquent, le clan Sassou nous propose sans vergogne, un lugubre festival des hyènes où les seuls critères de sélection des invités d’honneur est, me semble-t-il le nombre de leurs casseroles. C’est pourquoi, Maurel Kihouzou et Willy Matsanga, pour ne citer qu’eux, redoutables ex-miliciens, occupent, contre toute attente, respectivement les postes de Maire de Makélékélé et député à l’Assemblée croupion. Dans quel pays autre que le Congo ces deux comparses pouvaient –ils rêver d’une carrière politique avec un passé qui est le leur ? La justification est très vite trouvée « est ce que yo obunda ? » (As-tu participé à la conquête du pouvoir par les armes ?)
Une telle ambiance aboutit à tout le moins à un étrange cocktail - un mot qui définit des boissons propices à l'ivresse ou bien des bombes incendiaires. Les citoyens sont démobilisés et incités à l'apathie politique ou éventuellement mobilisés suivant des canaux exclusifs et contraignants qui les condamnent à la médiocrité. Et comme un vol de feuilles mortes, les doutes qui planent sur la politique menée par Sassou depuis une décennie se transforment en cauchemar.
Sa pratique du pouvoir nous édifie chaque jour sur les intentions qu’il a pour notre pays : vouloir en faire un véritable far West, où, sur fond de recettes pétrolières exorbitantes, il se complairait à nommer aux postes de responsabilité, tous ceux qui se sont distingués dans les assassinats ou dans les détournements des deniers publics. La « prime à la médiocrité » est devenue la norme et la promotion de la vertu renvoyée aux calendes grecques.
Ont de plus en plus grâce à ses yeux, tous ceux qui, de loin ou de près ont éloigné tout espoir d’une pérennité démocratique. Dans cet eldorado, en dehors des bandits de grand chemin qui tirent leur épingle du jeu, des « sinistres cobras » qui ont tout bonnement et à tour de bras, ôté la vie à leurs compatriotes se voient récompenser par des postes à responsabilité.
Certains ministres, au parcours jalonné par les cadavres d’innocents congolais, sont depuis lors, des hommes d’affaires qui, compte tenu de leur culture du gaspillage, n’arrivent à financer leur bilan que par les recettes pétrolières indûment détournées au contribuable congolais.
L’exercice d’un tel pouvoir se fonde de plus en plus sur la personnalisation, la coercition et l'attaque des libertés qui affaiblit toutes les institutions. Cet « excès d'autorité » ou ce refus de contre-pouvoirs vide de leur substance les fondements mêmes de la « bonne gouvernance » que sont la participation, la transparence, le contrôle et la reddition des comptes (accountability). Il favorise la montée de la corruption, de la prédation, des circuits parallèles, de l'imprévisibilité de la justice, le non respect des contrats, l'atteinte aux droits de propriété, l'inefficacité, voire le détournement des fonctions de l'Administration. Siphonner les recettes du pétrole par le système mafieux de la SNPC assombrit l’avenir de tout un pays et débouche sur ce qu'une institution telle que la Banque mondiale appelle le « déficit d'investissement » de ces dernières années, avec son corollaire, le freinage de la croissance et la propagation d’une pauvreté massive.
Le propre des dictatures est de s'établir et de se maintenir par la violence, leur mépris des lois, comme on le voit chaque jour sous Sassou III, il se caractérise par sa perception comme un type de gouvernement exceptionnel, sa prohibition pure et simple des partis et syndicats lorsqu'ils ne sont pas de collaboration.
De fait et dans les faits, nous assistons à une authentique « dictature constitutionnelle », un régime dans lequel les actes du parlement n’ont aucune incidence sur la vie du pays, un régime dans lequel au mépris de toutes les règles qui régissent la bonne gouvernance, et par la volonté du Prince, ceux qui font allégeance en tournant le dos à la probité morale sont au soleil et ne daignent même pas s’indigner par la face hideuse, pourtant saillante, représentée par la misère effroyable qui est devenue le lot quotidien du congolais. Ce n’est plus un scoop : le système Sassou est fondamentalement inapte à vulgariser le bonheur pour tous nos compatriotes.
Les mauvaises habitudes ont la peau dure. « Le ledza le nua », véritable institution de la médiocrité, aura ses avocats quand il faudra l’éradiquer, mais une société qui veut aller de l’avant doit entreprendre des actions, peut-être déchirantes, qui lui permettront de jouer le rôle qu’elle doit jouer afin que le progrès social ne soit plus qu’une simple vue de l’esprit, exclusivement réservé au clan de Mpila, mais aussi pour les 70 % des congolais qui croupissent dans le dénuement total.
Certes, le paquebot Congo flotte toujours, malgré des décennies de houle sociale, et cette pérennité plaide pour que l'on prenne la pleine mesure des antagonistes qui courent au sein de la société congolaise. A moins que cette fois, le charivari ne soit, en fait, l'écho cacophonique de l'orchestre du Titanic...
On ne le dira jamais assez, nous sommes les seuls maîtres de notre destin, élevons la voix, parlons haut ! Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas rester passifs.
Djess dia Moungouansi
Voir aussi sur :
http://www.congo-internet.com/dossiers/dossiers.php?val=492_le+systegraveme+sassou+ou+festival+des+hyegravenes |
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