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                   Ce blog  "PERSPECTIVES  CONGOLAISES"  est animé par Djess dia Moungouansi,Observateur attentif, analyste politique et libre penseur, qui décortique avec  rigueur et honnêteté intellectuelles, toutes  les facettes subtiles de la politique congolaise.

 

             « La critique est aisée, l’art est difficile » dit l’adage courant, c’est pourquoi j’ai toujours mis un  point d’honneur d’allier toute critique à une proposition. Vos réactions aux différents articles proposés feront manifestement avancer le débat, car, personne n’a le monopole de la vérité. Dans tous les cas, votre apport est appelé à être décisif.

 

Djess

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 De charybde en scylla : une probable géhenne pour le Congo (le 03/07/2009 à 14h47)

De charybde en scylla : une probable géhenne pour le Congo.

La fièvre de la présidentielle imminente s’est saisie des différents acteurs politiques congolais encore dans la course. Ici et là, on affûte les armes, au figuré comme au propre. C’est que, sous nos cieux de pays sous développés économiquement et mentalement, les échéances électorales sont avant tout, des rendez-vous avec la belligérance : menaces, jurons, armes, proclamation anticipée des résultats, atmosphères d’inquiétude, cris dans la nuit striées de revendications et de protestations, policiers tirant sur des foules aux mains nues, un dictateur tricheur (comme en savent fabriquer les tropiques), le regard illuminé, en appelant à l’extermination de l’ennemi pour la défense de la légalité républicaine et de la patrie en danger ; puis, après les massacres, tendant la main à l’opposition pour la composition d’un « Gouvernement de Réconciliation nationale » ou de « large ouverture » (encore des nègreries). Au bout de la chaîne, une Communauté internationale lasse de tous ces mauvais scénarios nègres…

Voilà ce que sont que les élections, en Afrique ― l’Afrique noire, précisément. A quelques jours de l’hypothétique consultation majeure, un seul scenario semble s’ imposer au Congo.  Sassou  s’apprête, une fois de plus  à réaliser un des coups de force dont il a le secret, au nez et à la barbe des congolais.

En tout état de cause, si elle a lieu, on aura droit à   une consultation tendue, crispante, présage d’une élection calamiteuse et inévitablement conflictuelle. Une élection dangereuse surtout, qui s’offre à mes yeux comme un tragique rendez-vous de l’apocalypse. S’installera  alors une amère réalité plutôt qu’une caricature méprisante. Un seul mot décrit la situation congolaise : kafkaïenne. Car elles ont été kafkaïennes ces négociations   qui auraient pu mettre en place les conditions d’une élection juste et transparente, et qui se sont transformées en monologue.

Kafkaïenne également la manière dont Ange Edouard Poungui, representant du plus grand parti de l’opposition, a été écarté de la course à la présidentielle. Invalidation éffectuée sur la base d’une constitution que Monsieur  Sassou bafoue régulièrement. Là où le bât blesse c’est qu’ayant travaillé pendant longtemps  avec Sassou, à moins d’être dans un rôle dont l’Histoire donnera la véritable signification, telle qu’elle était ficellée,  la décision du rejet de cette candidature était plus ou moins attendue. Quel risque pour le plus grand parti de l’opposition?

Kafkaïennes les hésitations  de l’opposition quand elle donne l’impression de se complaire  dans une déconcertante  stratégie qui consiste à tirer à hue et à dia  en dispersant les forces. Elle va manifestement se retrouver le 12 juillet 2009 sans grand levier pour avoir raison de l’homme fort du Congo.

De meme, le climat actuel est d’autant plus kafkaïen  qu’à quelques jours du scrutin, ni Mathias Dzon, ni Kinfouissa  ni un autre candidat de l’opposition ne nous donne  une quelconque assurance sur l’éventualité d’une alternance.  Tout converge vers la pérennité dictatoriale avec son lot de désillusions et de carrières briseés par un seul homme.

Ce qui est extraordinaire, c’est ce sentiment insidueusement distillé aux tréfonds de la société congolaise  et qui véhicule une maladive résignation : les dés seraient déja pipés. Mais diable, jusqu’à quand continuerons nous à boire le liquide nauséabond de l’oyocratie ?

L’espoir qu’aurait apporté un homme neuf,   à l’issue  d’une élection juste et transparente est subtilement dérobé  par ce régime qui a toujours étalé son incompétence dans toute sa laideur.

Dans une déconcertante soumission à leur triste sort, les uns et autres  se positionnent déjà pour l’après scrutin. Comment exister auprès du distributeurs  des recettes pétrolières quant on sait que cette-fois, la clientèle est massive  et hétéroclite ?

D’ailleurs, bon nombre de candidats de l’opposition donnent l’impression de filer un discret coup de main à Sassou, tant, leur chance est insignifiante.

Tenez ! l’impudence de Sassou est intacte et chaque fois, il martyrise ses adversaires pour les appeler ensuite à ses côtés quand il les aura psychologiquement vaincus, avec à la clé un asservissement assuré. Le cas Kolelas fait école.

Une candidature me laisse pantois. Celle du capitaine Pandi Ngouari par exemple,  cet officier accusé à tort  d’avoir voulu fomenter un coup d’Etat dans l’affaire des armes de Bifouiti  et qui a été longtemps séquestré dans les geôles de Sassou n’a jamais été jugé. Contre toute attente, il  jouit quand même de tous ses droits pour se présenter à une élection majeure. Le soupçon d’un deal entre lui et Sassou pour la mise en place de cette candidature,  pèse dans le ciel du marigot politique congolais, déjà assombri par la corruption et le gangstérisme politique.  

Pour donner l’impression d’une compétition que Sassou aura gagnée en toute élégance face à de nombreux candidats, les officines  de Mpila ont conçu ces candidatures  de « faire- valoir ».  Mais pourquoi tant de mal ? La réponse est simple : pour réussir son scénario, mieux vaut avoir beaucoup de figurants  pour semer le doute dans l’esprit de  communauté internationale, quand il s’agira de donner son avis sur cette élection à la soviétique. En lui, se côtoient Kafka et Machiavel.

Peut-être que la conscience de courir à sa perte inspirerait à l’opposition des solutions de sagesse et de bon sens. Pour le moment, il faut le reconnaître, dût notre amour propre en souffrir, l’opposition congolaise ne ménage aucun effort pour la maintien de Sassou aux affaires.

Disons-le sans circonlocutions : « Tout  peuple a les dirigeants qu’il mérite » nous rappelle d’adage courant. Si le souverain primaire qui est le peuple congolais était persuadé de ne pas mériter cette dictature moyenâgeuse, alors « le sursaut national » que le Général Ngouolondélé appelle de tous ses vœux le 12 juillet 2009, constituera l’ultime rempart pour conjurer la géhenne.

 

Djess dia moungouansi

 

Le blog de Djess

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 L'avenir démocratique de l'Afrique problématique à court et à moyen terme (le 23/06/2009 à 12h35)

 

L'avenir démocratique de l'Afrique problématique à court et à moyen terme

L’espoir démocratique suscité au soir du retrait des forces coloniales s’était vite mué en frustrations amères. On peut évaluer celles-ci au regret du petit peuple des villages et des bidonvilles de feue la colonisation, pourtant encore bien présente à leur mémoire. « Quand, disent les pauvres gens, l’indépendance finira-t-elle? » C’est que, champions de l’arnaque et prédateurs sans vergogne, les régimes politiques qui prirent la relève de la colonisation, moins le désordre, héritèrent de celle-ci ses pratiques funestes de gestion économique.


Instaurés par de jeunes gens sans expérience politique et peu vertueux pour la plupart d’entre eux, le socialisme et le marxisme ajoutèrent au désordre de l’ethnocentrisme libéré par le départ du colonisateur. Refusant de faire le jeu d’une seule ethnie de celles qui composaient le territoire de la colonie, celui-ci en avait, en effet, neutralisé le venin en les muselant toutes. Incapables d’élaborer un projet de société sensé pour leur Etat pluriethnique et de s’y tenir, les hommes politiques africains venus des ethnies ont le génie funeste de l’organisation du désordre comme moyen de gestion des affaires. La démocratie c’est quand même l’espace social de la réflexion permanente pour trouver le meilleur moyen pour un vivre ensemble le moins heurté possible, sans pour autant museler les libertés.


Au lendemain du discours fameux de La Baule, un vent de démocratisation parcourut l’Afrique entière, soutenu par la promesse du Président de la république française d’accompagner financièrement les efforts des pays qui accepteraient d’instaurer des régimes démocratiques. Les élans des commencements retombèrent bien vite. Les politiciens africains firent en effet vite l’expérience que, pratiquée à la lettre la démocratie n’était pas rentable pour eux. Ils avaient envie de durer au pouvoir, pour la vie si besoin ; ce que n’autorise pas le jeu démocratique sauf si des qualités exceptionnelles du détenteur légitime du pouvoir l’imposent au choix de ses concitoyens. Comme Périclès dans l’Athènes du Ve siècle. Or de tels hommes aux qualités et aux mérites exceptionnels ne sont pas apparus. Mandela est passé comme un météore. Seulement des hommes dotés d’un appétit exceptionnel du pouvoir et doués pour la manipulation. C’est un bien piètre génie, et malfaisant.


Le retour au parti unique faisant ringard et appelant bientôt la réprobation de l’Occident qui a gardé un œil sur l’Afrique, il fallait jouer le jeu tout en se moquant pas mal de la démocratie. C’est ainsi que sous le label démocratique, sont apparus des régimes à la vérité dictatoriaux où la peur et l’intimidation sont les grands moyens de la gestion des affaires. Intimidation d’une opposition qui n’existe que pour le principe, et dont, de toute façon, les consciences sont achetées. Mais existe-t-il une saine démocratie vénale ? Rétrécissement croissant de l’espace public d’expression où en démocratie en principe le citoyen se façonne et se libère, bref, revendique et conquiert ses droits.Peut-on parler de démocratie là où sans mandat du peuple souverain, des groupes s’octroient des droits qui les placent au dessus du peuple souverain moqué et floué ?


Dans les démocraties africaines le groupe culturel d’appartenance du détenteur du pouvoir, et bien entendu sa famille biologique apparaissent comme les dépositaires légitimes du pouvoir du peuple dont ils se réclament sans vergogne. Ils se croient habilités à parler en son nom, et bien entendu, en réclament tous les privilèges. Les démocraties africaines sont des démocraties ethniques. La différence les effarouche. Elles rêvent d’une homogénéité de l’espace politique qui se ferait sous la forme de l’identité ethnique. C’est pourquoi le détenteur du pouvoir a pour assise de ce pouvoir le groupe culturel auquel il appartient. Il l’instrumentalise pour son maintien au pouvoir. Et comme il a peur du vote du peuple, il dresse son groupe d’appartenance contre ce peuple constitué par les autres groupes, qui du coup deviennent ses adversaires politiques, presque ses ennemis. Voila pourquoi il convainc son groupe d’appartenance de l’hostilité de ces autres groupes, qu’il lui montre en permanence complotant contre lui. Le chef d’état africain est un partisan ethnocentriste qui gouverne et se maintient au pouvoir par le spectre de la guerre civile qu’il agite en permanence. L’horreur de la guerre dans les pays où elle a pu avoir lieu, rend alors les populations dociles et les dispose peu à revendiquer leurs droits bafoués.


Des progrès de la démocratie en Afrique sont impossibles ou du moins difficiles, si on ne tient compte d’un paramètre : la complexité culturelle des Etats africains. Impossible ou du moins difficile de parvenir à leur harmonisation si on ne trouve des mécanismes de régulation de leur différences, source permanente de conflits. Impossible si des valeurs et idéaux communs ne sont trouvés et des institutions librement mises en place. Impossible si aucune autorité politique ou morale, morale et politique ne veille à leur respect. Impossible tant qu’il existera des gens ou des groupes de gens qui ne se sentent pas concernés par la loi que le peuple souverain s’est donnée. Impossible enfin aussi longtemps que les politiques africains n’auront pas, un minimum le sens de l’Etat souverain qu’ils confondent avec leur patrimoine personnel. Mais la démocratie est un processus, une éthique de la liberté et du comment vivre ensemble. Seule une saine éducation la promet et la promeut.


Dominique Ngoïe-Ngalla, Philippe Ngalla-Ngoïe.
 
Source/

http://reflexions-actuelles-dnn.blogspot.com/

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 Le boycott mou : la pire des solutions (le 25/05/2009 à 23h09)

Le boycott mou : la pire des solutions



« Si les conditions minimales d’une élection libre et transparente ne sont pas réunies, personne n’ira aux élections, même pas Sassou ». Ce message de l’opposition lors du meeting du 16 Mai à Paris est placé au coin du bon sens et de la responsabilité. Cependant, dans la frénésie du doute ambiant, il n’est pas permis d’occulter les paradoxes et incongruités d’une telle attitude.

A quelques jours du scrutin, il est établi que Sassou ne mettra pas en place les conditions minimales d’une élection libre et transparente. Il ne donnera jamais au peuple congolais l’arme avec laquelle on va se débarrasser de lui. Cette arme, c’est au peuple congolais de l’inventer. Dussions-nous rappeler que toutes les fois qu’il en a eu l’occasion, il a toujours pris un malin plaisir à massacrer son propre peuple pour le pouvoir.

Devant la question « Quelle est la solution pour le peuple congolais ? ». Je suis tenté de recourir à Démosthène : « Il y a des gens, disait-il, qui croient confondre celui qui monte à la tribune en lui demandant : que faut-il donc faire ? A ceux-là, je donnerai la réponse selon moi la plus équitable et la plus vraie : ne pas faire ce que vous faites actuellement ». Aller aux élections aux conditions de Sassou (fichier électoral honteusement manipulé, cartes d’électeurs distribués aux rwandais et ex-zaïrois)  est un véritable suicide, ne pas y aller en optant pour un boycott mou n’est pas la solution .
 
Le boycott d’une élection est une démarche libre, réfléchie, volontaire et même idéologique qui vise à imposer des rapports de force différents au pouvoir, qui peut être amené à concéder à l’opposition, un véritable droit de regard sur le déroulement des élections (recensement, découpage électoral, égalité d’accès aux médias, etc.)

En démocratie, la simple menace d’un boycott peut déjà garantir certains résultats, car la pression sur l’opinion augmente les effets psychologiques de cet acte. Surtout si les médias jouent leur rôle dans l’amplification de sa portée. Un boycott est motivé par des insatisfactions et les mandataires y sont donc sensibles, car un éventuel renouvellement de leur mandat est tributaire de la satisfaction de certaines revendications.

Reposant essentiellement sur la communication, le boycott y tire sa force, mais elle peut être également annihilée par les effets pervers. En règle générale, cette forme de revendication est toujours utilisée comme une arme de dernier recours ou d’intimidation. Une importante page de l’Histoire, fut écrite de l’autre côté de l’Atlantique, par le Pasteur Martin Luther King qui, dans une démarche tant iconoclaste que mémorable, appela au boycott des bus de Montgomery en 1955 pour obtenir la fin de la discrimination raciale. Cet acte n’a pas mis un terme à  la discrimination raciale, mais le peuple américain prit de plus en plus conscience de ce phénomène : s’ensuivirent des lois révolutionnaires sur la discrimination positive par exemple.

Toutefois, les différents succès du boycott à travers le monde doivent être nuancés, surtout quand ils servent de références dans l’évaluation de la situation congolaise, rendue complexe par l’enchevêtrement des intérêts pétrolo-maçonniques et ceux des mafias équatoriales.

Quels sont les enjeux alors ? Boycotter l’ élection présidentielle de juillet 2009 parce que les dés seraient pipés serait une attitude irresponsable au même titre que d’y participer sans conditions préalables.


A mon humble avis, l’opposition congolaise n’a aucun intérêt à opter pour la politique de la chaise vide synonyme de résignation et un acte qui fait figure de riche. Cette attitude, comme je venais de l’indiquer tantôt ne porte ses fruits que dans une vraie démocratie, avec institutions efficaces et alternance politique inévitable.

Je vais vous dire pourquoi le boycott, bouée d’air inespérée par les officines de Mpila, serait la plus mauvaise des solutions pour le peuple congolais. 

Bien que malmené ce dernier temps par la presse étrangère qui révèle  au grand jour  les frasques du monarque Sassou, il reste à n’en point douter  un élément important dans le dispositif Françafrique. Il a donc le soutien  de Sarkozy  dont son ami Vincent Bolloré venait d ’acheter une concession de 27 ans pour le port autonome de Pointe-Noire et compte y investir 570 millions d’ euros pour son développement. Des intérêts énormes ! Ne vous leurrez pas : pour la France, seule l’intensité de l’allégeance des françafricains compte, un hypothétique attachement aux valeurs démocratiques, est légué au second plan. Le natif d’Edou est désormais multi milliardaire, avec la dégradation de la santé du doyen de la Françafrique son beau fils Bongo Ondimba,  comme il s’en glorifie toujours, il compte  garantir une fois de plus, les intérêts français au détriment des intérêts congolais.

Dans l’hypothèse où la tactique
de la chaise vide représentait le seul projet d’alternance pour l’opposition, il serait illusoire de s’attendre à une unanimité, car, en dehors des quelques rares députés qui sont à l’abri du besoin, l’opposition dans son ensemble a été affamée à dessein. L’opposition « alimentaire » ou de « faire valoir » représentée par Nick Filla, Miokono, URD-Mwinda (aile authentique de Milongo fils) sans oublier la frange de l’UPADS (aile Mberi, Moukouéké, Tamba-Tamba etc… qui tiendra son congrès du 29 au 31 Mai 2009) ; cette opposition
disais-je, est depuis belle lurette aveuglée par les petro-cfa, mais surtout  galvanisée par les promesses des postes ministériels après la victoire de leur champion dès le premier tour, s.v.p. Un hold-up électoral en bonne et due forme, réussi derechef !

L’opposition « responsable » criera à qui voudra l’entendre que les élections auraient été truquées, qu’une fois de plus sa
victoire lui a été volée. La communauté internationale, représentée par qui on sait, entérinera comme toujours les résultats de ces élections, et il ne nous restera plus que les yeux pour pleurer. Pour ceux qui nous avaient tympanisés sur les vertus du boycott mou, il faudra s’attendre à deux réactions :
pendant que certains députés légitimeront un pouvoir illégal en participant aux séances à l’assemblée, bien que dans l’impossibilité de s’exprimer librement, d’autres rejoindront sans états d’âmes, l’oyocratie pour continuer l’œuvre de destruction du pays. Pendant ce temps, le peuple congolais rempilera encore pour 7 ans de misère et de promotion de médiocrité.


Un peuple incapable de relever les grands défis est condamné à l’esclavage, et subira de façon permanente, une grande l’humiliation infligée par des dirigeants véreux. En dehors de ses droits élémentaires de vivre, de se soigner, de se nourrir, confisqués par un groupe d’individus sans scrupules, il sera dans l’obligation d’accepter que les mécanismes de la démocratie soient pervertis et manipulés pour servir en toute impunité comme paravent grossier à un État policier. Le peuple doit donc tout mettre en œuvre pour tordre le cou à la fatalité que Sassou veut imposer afin d’organiser les conditions d’une véritable alternance politique.

La chute du mur de Berlin en 1989, la Conférence de la Baule en 1990 et quelques effervescences internes menées tambour battant par l’ex-tonitruant Bokamba Yangouma et l’ex-agitateur Kolelas, avaient contraint Sassou à lâcher du lest en acceptant la tenue
de la Conférence Nationale Souveraine. Une certitude : ce n’était ni un attachement soudain aux valeurs démocratiques, ni un hypothétique amour pour son pays qui auraient poussé Sassou à ce compromis. La contrainte, la pression, le fait accompli, la peur d’être lâché par ses mentors, sont les principaux axes à explorer pour faire triompher le droit sur la force.
 

Par les voix de Tchimbambelela et Hellot Mampouya, le « Kumbi de Total » a exécuté le cahier de charge que lui avait imposé « L’homme des masses » bdès ble début de leur deal : l’aider à réaliser sur OPA sur « les voix du Pool », et se « taper » un électorat inespéré, pour enfin porter les habits neufs d’un vrai démocrate. Par ailleurs, son incapacité à donner du bonheur à son peuple ne fait plus de doute. Bref, il a lamentablement échoué sur tous les plans. Il ne lui reste plus qu’à s’agripper comme un « muntudia » à ce pouvoir.


Je propose d’inventer une alternative au boycott mou :

• Quel que soit le prix à payer, le peuple congolais doit prendre ses responsabilités devant l’histoire. Le 12 juillet 2009, c’est demain, le temps presse, le Front Uni de l’opposition doit très vite imaginer un répertoire  de revendications susceptible de pousser les gens à investir la rue le moment venu. Nul ne peut résister à la fureur d’une rue déchaînée, résolument décidée à reprendre ses droits, pour peu que cette action salutaire soit canalisée par des patriotes, ne mettant pas en avant leurs intérêts bassement égoïstes. Démontrer aux jeunes que les tee-shirt et les 500 FCFA qu’ils reçoivent du pouvoir ne sont que du feu de paille à côté de leur avenir hypothéqué par cet homme.


•Le « génie du peuple congolais» pour paraphraser Kinfouissia, devra être solliciter pour mettre à mal la machine électorale de Sassou, déjà mise en branle par les officines de Mpila et obtenir un report des élections pour avoir le temps d’une organisation consensuelle.

• Toutes les forces vives du pays, sans exclusive, doivent s’unir pour conduire et préparer une alternance politique. L’économie congolaise est déjà dans un état apocalyptique, le pouvoir autiste ne s’en émeut pas. Ainsi, les opérations de type « ville morte » n’ont aucun effet sur eux. Il faut taper là où çà fait mal. Par des actions de grande envergure, montrer à cette barbarie, combien de fois le peuple en avait marre et voudrait remettre son mandat confisqué illégalement, à d’autres personnes dignes de confiance.

• Un rejet de la passivité et du fatalisme pour s’opposer à cet énième viol des droits et libertés des congolais. L’opposition doit exiger la création des radios libres, ce que Sassou chef de l’opposition en 1996 avait obtenu sans peine.


Le credo françafricain consiste à nous imposer leur pantin qui a brillé par sa capacité à distribuer la misère massive. Or, tout peuple aspire à vivre en paix, en choisissant librement ses dirigeants par des élections libres et transparentes, gage d’une bonne gestion des richesses nationales. En toute hypothèse, ces élections constitueront un tournant décisif qui décidera de la pérennité de la dictature actuelle ou du retour de la démocratie dans notre pays. L’apport du peuple congolais, par l’entremise d’une partie de son élite patriotique, est plus que jamais appelé à être décisif.

Djess dia Mougouansi

 

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 Le manifeste fédéraliste - Mise à jour (le 05/05/2009 à 15h36)

 

LE MANIFESTE FÉDÉRALISTE

Rédigé sous la direction d’Hervé MAHICKA

Publié en 2003 – Réactualisé en 2009

INTRODUCTION

 

La forme de l'Etat n'est pas un résultat mathématique, péremptoire, unique et obligatoire. L'organisation politique léguée par le colonisateur et suivie à tue-tête mérite aujourd'hui une critique et une remise en cause, tant son échec est sans appel. Nos classes intellectuelles et politiques se sont trop souvent montrées incapables de s'approprier notre indépendance pour lui donner un aspect plus en phase avec notre nature et nos aspirations, se bornant à des imitations grossières. Tel des automates formaté pour répété le discours conçu par un autre réalité sociale, nous avons fait des concepts comme unitarisme ou Etat-nation,

de véritable culte religieux. Or le monde, et même les fondateurs de l'unitarisme accordent de plus en plus d'autonomie aux collectivités territoriales. Communes, départements, régions, cantons, länders, Etats fédérés ou provinces jouissent de pouvoir de plus en plus importants et autonomes vis-à-vis de l'Etat central. Tant pour les exécutifs que pour les organes législatifs locaux qui sont passé à la simple orientation budgétaire locale, au vote des programmes de constructions, de logements, de sécurité, de développement économiques et plus encore. Si bien que l'Etat unitaire est en voie de disparition. Pourtant, l'Afrique et le Congo en particulier ont un profond besoin d'une réforme en ce sens. Parce que notre nature sociologique la légitime, et qu'elle permettra d'accélérer le développement de l'ensemble du territoire, ouvrira les portes du progrès politique à une classe plus nombreuses et plus démocratiquement recrutée, en plus de renforcer et de pérenniser la démocratie locale et nationale.

Que nous l'appelions fédéralisme, décentralisation, confédéralisme, régionalisme ou autonomisme, ce sont des débats d'écoles qu'il faut laisser aux étudiants et chercheurs. L'important pour la réflexion politique est le contenu, les prérogatives des collectivités, l'agencement des pouvoirs et l'efficacité de la production qui en découle. Nous choisissons le mot fédéralisme a dessein, afin de marquer qu'il s'agit d'aller plus loin que les décentralisations tentées depuis 1972, sans enthousiasme et avec cette trop grande prépondérance du centre qui fait couler tous les projets.

 

I - LA STRUCTURE SOCIALE DU CONGO

 

Le Congo comme tous les pays d’Afrique noire est une société plurielle constituée d’ethnies elles-mêmes affiliées les unes aux autres. Des lignages qui ont édifient un solide noyau affectif et identitaire. La désignation ethnique est une auto-affirmation puis une auto-glorification, qui puise sa référence dans une langue, un territoire, une histoire, un culte religieux, un principe de parenté, une technique, voire une tradition alimentaire.


Ce phénomène d'ethnicité, si on en croit l'historien Cheikh Anta Diop, est né du temps de l'esclavage qui imposait une profonde et indéfectible solidarité au sein d'un groupe, face aux autres, perçus comme d'éventuels gibiers d'esclavages ou à l'inverse, de potentiels assaillants menaçant sa liberté. Une réaction de regroupement des semblables et de rejet des dissemblables s'est mise en place. Avec l'urbanisation sous la colonisation, l'ethnie est devenue l'élément structurant des solidarités citadines. Dans cette société qui nie l'individu, les mobilisations sociales se sont alors faites par le groupe, donc l'ethnie. Aussi, si l'urbanité a fait disparaître la référence identitaire de l'ethnie (car du nord au sud, les rites de mariages, les traditions alimentaires, les normes de filiation, ou encore les langues ont fusionné), elle n'a pas réussi à l'anéantir comme réalité politique.

 

L’ethnique (ou son regroupement en région) transcende le «traditionnel » et le «moderne». Sa pérennité résulte d'une double adaptation aux contraintes du présent et aux interprétations conflictuelles – parce que socialement marquées – du passé.

 

Face à l’adversité, la Région apparaît comme une micro nationalité chauvine, un foyer de confiance, de sécurité, d'honneur et de communauté de destin. Les rapports politiques étant bâtis forcément sur la confiance, il s'instaure un monde politique où les aires de confiance ne dépassent guère la réalité ethnico-régionale. Au final nous avons une configuration entre Région (s) gouvernante (s) et Régions gouvernées qui chacune attend son tour pour gouverner sur les autres.

Cette structure bâtie sur des antagonismes lignagers n'offre aucune possibilité de déploiement d'un État unitaire, car ce dernier requiert que le réseau de confiance et d'identité soit national et égalitaire.

La politique officielle des 50 ans de la République du Congo a voulu aller dans le sens d’ignorer les spécificités locales, et n'a réussi qu'à les faire proliférer car ce n'est pas en ignorant le mal qu'il se soigne. L'Etat-nation est devenu un gros mensonge, quand de l'autre côté rien n'interdit, ne contrôle ni ne limite l'étendu des pouvoirs des solidarités locales, ethniques ou régionales qui jusque là sont les véritables foyers de direction du pays ou d'opposition. L’optimiste de façade des discours politiques ne trompe plus personne sur la nature politique réelle de nos pays.

 

Nous sommes partis en 1958 sur l'idée qu'au fil des ans, les confiances politiques ethno-régionalistes se dissoudront d'elles même avec le temps pour laisser place à la nation. Or la politique s'évalue au bout de 3 à 5 ans, 10 ans pour les grands projets sociaux dits de long terme, afin de redresser le tir. Mais le profil politique d'un pays ne se subit pas ad vitam aeternam, comme s'il n'y avait qu'une seule et unique voie quitte à ce qu'elle nous tue tous. Car les résultats de l'évaluation de l'unitarisme de façade, chantée sous fond de régionalisme radical et systématique sont foncièrement négatifs, voire il (le tribalisme) devient le principal frein de la paix, la justice et du développement du pays.


Il faut arrêter avec cette hypocrisie politique. En finir avec la longue panne des solutions politiques, due en réalité à l'absence de formation des acteurs politiques locaux limités à recopier les grandes lignes de l'ancien colonisateur. On ne décrète pas une nation. Autant qu'on ne peut supprimer des réseaux de confiances ethnico-régionaux par des slogans. Il ne reste plus que, logiquement, à dénoncer l’inadéquation du système unitaire pour nos sociétés plurielles, et à instaurer un modèle plus adapté à notre structure, respectueux des valeurs de chacun, de la revendication d’autogestion des composantes de notre pays en synchronisant équitablement au sommet, les efforts de tous

 

II - LES ANTAGONISMES DE L’ETAT UNITAIRE SUR UNE SOCIÉTÉ PLURINATIONALE

 

Il y a deux formes de tribalisme au Congo : le macro-tribalisme et le micro-tribalisme. Le premier divise le Congo en deux (nord/sud) ou trois (nord/sud-est/sud-ouest) zones géographiques qui s'opposent.

Le second, micro tribalisme, oppose au sein d'un même groupe, des sous-groupes ou des sous groupes entre eux sans entrainer toute la région. (Kongo/Lari, Bembé/Niari, Vili/Yombé, Mbochi/Téké ...etc.).

Ce dernier, le micro tribalisme, est conciliable face à l’adversité. Il vire plus ou moins facilement vers une fusion régionale de la défense identitaire.


Le macro tribalisme est lui plus tranché. La tentative d’alliances politiques croisées qui aurait pu confondre cette forme de rivalité [PCT – MCDDI / UPADS – RDD, MSA-PPC] n’auront duré le temps d'une stratégiie politique de conquête du pouvoir, sous fond de méfiance aussi sèche qu'une alliance diplomatique entre deux nations étrangères. Et à l'intérieur de ces groupes on ne parle pas construction de la nation, mais on discute des parts qui reviennent aux ethnies signataires. Au lieu de construire la nation comme ils prétendent officiellement, ces alliances sont en réalité ce qui renforce la politique ethno-régionaliste.

Le rêve d’unir le Congo sous une coupe unique, dans la quête d’un État-nation mythique s’est mué en cauchemar.

 
L’identification automatique du chef des institutions à son ethnie d’appartenance et le positionnement prévisible des différents groupes selon leurs affinités à l’ethnie du chef des institutions nationales ne se sont jamais démentis après 6 passages de témoin, de Youlou à Sassou.
Au final, le système unitaire a laissé se développer au pouvoir la rotation d’un système d’apartheid radical, avec la suprématie d’un groupe ethnique ou régional (tribu – classe diraient certains) qui règne en maître sur les autres groupes, impliquant en conséquence des privilèges inhérents aux castes ethniques du pouvoir et toutes les oppressions d’autres parts – réelles ou supposées – tels que le droit de propriété sur l’Etat et celui de vie ou de mort sur les populations hostiles au nom de la conservation de cette supériorité.

 
Une configuration qui encourage le repli, favorise l’ambiance du complot permanent, avec son cortège de méfiance, d’exclusion, d’intolérance, de haine inter-ethnique et d’épuration. L'Etat est d'appartenance privilégiée à l'ethnie du chef qui en occupe les meilleurs postes, jouit des passe-droits extrajudiciaires, considère la pays comme une victoire régionale qu'il faut protéger au prix du sang s'il le faut.

 

Depuis 1960 une autre réalité sociale résultant de l’inégalité démographique entre les ethnies s'est avérée.


Le Congo a connu 6 présidents dont trois du Nord et trois du Sud : les 3 nordistes sont des militaires, les 3 trois sudistes sont des civils. En dehors de Massamba Débat, les 2 du sud sont arrivés au pouvoir par le suffrage universel pluraliste. Mais aucun du nord ne peut s'en targuer. Il apparaît que la faveur démographique du Sud face au Nord sous peuplé donne aux premiers une foi au suffrage populaire, tandis que la frange septentrionale de notre pays ne peut compter que sur la maîtrise des leviers militaires pour accéder au pouvoir et s’y maintenir. Pour résumer, on dira que les sudistes ont plus confiance en la démocratie élective. Pas parce qu’ils sont plus démocrates que les autres, mais parce que le vote majoritaire dans un Etat ethnique unitaire, favorise leurs groupes identitaires numériquement avantagés.

 

Le rattachement politique et la foi partisane se faisant sur cette base là, nos sociétés ethniques montrent les limites de la démocratie majoritaire et du suffrage universel direct dans un système unitaire. Celle-ci est pervertie et déroutée de son but : la majorité est assurée à un groupe identitaire fixé par la nature, tandis que l’autre groupe est invité par le système, au mieux, à occuper les strapontins du pouvoir ou, au pire, à se ranger dans l’opposition définitive avec les frustrations que cela implique.

Avec l’instauration du multipartisme et des conflits ethniques sanglants qui se sont ensuivis, la sécurité s’est ajoutée sur les motifs du repli identitaire. La hargne avec laquelle les pouvoirs en place n’ont pas hésité depuis 1992 à massacrer l’ethnie opposée au moindre conflit pour maintenir les distances dans cet apartheid, a provoqué au sein de la population non seulement un soutien indéfectible et inobjectif pour ses leaders régionaux, mais aussi une totale apathie envers les « compatriotes » de l’autre bord. Cette fois-ci l’ethnie a trouvé une raison dialectique pour être. Tout ceci éloignant toujours un peu plus l’objectif d’intégration nationale que prône traîtreusement le discours officiel depuis l’indépendance.

 

III - LA DÉRIVE DES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS.

 

Les partis politiques sont les conséquences des conflits sociaux dont ils ont surgi. Un parti ne vient pas créer les raisons de son existence: celles-ci lui préexistent. Il y'a un climat, un foyer ou une revendication sociale profondément encrée qui constitue un fumier sur lequel se développent les partis politiques. En Europe, les partis de gauche sont le prolongement politique des mouvements ouvriers du XIXè s; les partis démocrates-chrétiens puisent leur substance dans les réseaux de sociabilité catholiques; les radicaux descendent des mouvements laïques et anticléricaux; tandis que les écologistes reprennent le terrain laissé par l’insuccès des partis paysans et agrariens de l'entre deux guerres.
Le terrain est parfois préparé par des associations ou des groupes informels qui font planer une revendication fondamentale dans la société : les « Diables Noirs » équipe de football Congolaise ont longtemps été le principal foyer d’un sentiment de représentation politique et de contestation des originaires de la Région du Pool et du Sud tout entier, face à la confiscation du pouvoir par les nordistes. Le MCDDI n’a fait que récupérer ce terreau.

 

Que les partis politiques confirmés et persistants soient d’essence ethnique au Congo, il ne pouvait sociologiquement en être autrement car le conflit majeur chez nous est la représentation ethnique. Par contre, toute tentative d’encrer nos partis selon les clivages occidentaux (principalement gauche/droite) ont échoué parce qu’il n’existe pas dans la société Congolaise des conflits sous cet ordre là.


Les partis qui insistent sur cette voie, forcent l'idéologie et le conflit social à gérer, sont artificiels et restent généralement embryonnaires ou se muent en groupe d’intérêts privés, accrochés aux prébendes du pouvoir et sans assise populaire.

 
Des partis fédéralistes ont toutes leurs chances de prospérer parce que le Congo est naturellement et socio – structurellement une fédération ethnique, dans laquelle la revendication d’une représentation de tous en gardant leur identité existe fortement, si elle n’est la principale revendication politique.

En général, les partis récupèrent des conflits sociaux, pour s’en servir comme arme contre leurs opposants ou pour justifier des revendications parfois même éloignées du conflit en cause. Ce qui leur vaut des accusations d’opportunisme. D’où une certaine impopularité.
Pourtant, les partis par ce même rôle d’agents des conflits et de médiateurs, contribuent également à l'intégration du conflit. En effet, une fois politisé, le conflit est arbitré par les partis, donc canalisé, géré et négocié: il est intégré à la vie politique. Lorsqu'ils assument correctement leur fonction médiatrice, les partis éliminent tout risque de guerre civile et contribuent très largement à l'éradication de la violence politique.


Ce qui fait défaut chez nous et qui est à l’origine du fiasco de nos partis politiques dans leur mission sociale, c’est qu’ils rechignent à avouer que les véritables intérêts qu’ils représentent et qui sont la quintessence même de leurs formations sont profondément ethnico – régionales. Au final la politique chez nous s’articule sur deux axes superposés : l’un à la lumière - le prétexte avoué, l’autre dans l’ombre - la réalité du conflit ethnique. Un climat de dupes qui empoisonne les relations politiques, fausse les cartes et fait que ces conflits importants ne sont plus canalisés par les partis et deviennent source de violence à cause du dialogue de sourds.

 

Pour espérer l’émergence de partis d’idées et constructifs, dont l’adhésion populaire sera objective, il faudra déplacer le champ d’action politique du centre vers l’intérieur des Régions dans un groupe homogène. Ainsi au niveau national symbolique les partis défendront les intérêts directs de la Région, tandis qu’au niveau régional où s’articule l’essentiel de la politique de terrain, ils resteront objectifs.


Le risque de conflit de sang s’écarte par le fait que l’action de chaque parti régionale ne croise pas celle d’un autre extérieur ou le manque de confiance empêche d'avancer. Les groupes sans confiance partagée ne combattent plus pour exercer le même pouvoir au même endroit, et il n’existe plus de pouvoir de supériorité des uns sur les autres.

 

IV - LA CORRUPTION DES HOMMES ET DU SYSTÈME

 

Il s'entend souvent dire que la question qui nous mine est d'avoir les mauvaises personnes au pouvoir. Pourtant, s'il existait un endroit où les hommes de pouvoir ne sont pas tentés par les abus divers et que leur qualité suffise, il n’y aurait plus besoin de lois dans cet endroit. C’est la complexité des lois qui fait que les chefs des nations réputées et confirmées démocrates s’appliquent chez eux, et l’absence ou la transgression facile de ces lois qui rend ces mêmes hommes immoraux dans les relations internationales, de Brazzaville à Bagdad.

 

La corruption du personnel politique Congolais est un facteur favorisé par la corruption ou l’inadéquation du système lui-même. Dans une société où l’arbitrage des masses est conditionné par la subjectivité ethnique, les hommes de pouvoirs peuvent tout se permettre, assurés de la complaisance du groupe qu’ils représentent.

 
Corruption, abus de pouvoir, vies dissolues, paresse, fausses promesses, incompétence, népotisme, crime financier ou de sang, absence d’un programme politique concret… tout ceci leur est pardonné tant que le leader défend l’honneur et la représentation du groupe ethnique.
Quant à l’élite régionale (cadres, chefs coutumiers, grandes personnalités), elle espère profiter au passage de la corruption du leader, selon la philosophie que l’enrichissement des membres du clan assure une force qui garantit l’indépendance du groupe et le met à l’abri de la subordination par les autres ethnies. L’intérêt de l’ethnie ou de la Région, justifie tous les arrangements avec la morale.


Sous d’autres cieux, le bénéfice et la justification de tels écarts auraient été attribués au sacrifice que requièrent la nation et la patrie. D’où, les Français et les Américains excusent tacitement les dégâts causés par leurs compagnies pétrolières à l’étranger, même si cela blesse la morale et que quelques uns s’en mettent plein les poches au passage. L’intérêt suprême de la nation le justifie. Chez nous l’intérêt suprême qui justifie tout dans le cœur de l’individu, c’est la Région.

 

Laisser s’enfoncer le pays dans l’inertie, s’en prendre aux caisses de la République ou à la vie d’autres Congolais est dénué de toute émotion et de la part des politiques et des populations qui les soutiennent respectivement aux rattachements ethniques.


N’avons-nous pas vu pointer des menaces de guerre civile parce qu’un ancien ministre des finances ou encore un ancien chef de guerre étaient emmenés à rendre des comptes devant les tribunaux, les deux pour des accusations – détournement de fonds pour l’un et séquestration pour l’autre – logiques par leurs « fonctions »? Ah, procès ethniques, me diriez-vous. Mais bien sûr...

 

Le mythe de l’homme providentiel au dessus de tout soupçon qui conduira une génération spontanée de politiciens sains est un rêve qui s’accroît auprès des Congolais, qui se retrouvent comme réduits à croire au père Noël par désespoir.


La thèse laxiste qui invite à attendre quelques décennies ou quelques siècles de plus pour que disparaissent les velléités ethnocentriques sous l’effet magique du temps, se contredit par la courbe sans cesse croissante de la montée des particularismes et par les trop lourds dégâts humains causés par le système actuel, qu’il serait criminel de laisser persister.


Autant les pieux appels politiques à la conscience nationale sont restés lettres mortes si non qu’ils ont agit inversement au message.

Le Congo s’est transformé en une famille polygamique où les 10 épouses rivales et leurs enfants cohabitent sous le même toit; chaque enfant essayant de prendre le contrôle de la maisonnée avec le soutien de ses frères de sang après avoir massacré les autres demi-frères, en jurant ensuite gouverner au nom du père et dans l’intérêt de tous les enfants du père. Alors qu’au fond, la patrie est devenue la fratrie utérine sans que personne n’ose l’avouer au grand jour et sans que nul n’en soit plus dupe. La nation est une illusion à laquelle personne ne croit plus.

 

Existe-t-il dans ce foyer un enfant qui échappe au schéma, et qui soit capable de se surpasser pour servir toute la famille? Certainement. Mais la famille le veut-elle? Même si le pardon est obtenu, nul ne pourra plus ôter la méfiance forgée par le souvenir des douloureux affronts passés. Cette méfiance qui nourrit les replis, causera sa perte quelque soit ses talents et sa volonté.

 

Au lieu d’espérer sur l’arrivée de ce messie utopique, une société moderne devrait plutôt confier sa destinée à une loi bien en phase avec elle-même et munie de tous les garde-fous garantissant son applicabilité.
Il ne reste qu’à se résoudre à loger chaque épouse dans sa case bien à part pour que chaque fratrie s’organise dans la confiance, la paix, le dévouement à la tâche, la conscience du bien collectif, le respect et la solidarité fraternelle.

 

V – A LA RECHERCHE DU PATRIOTISME ET DE LA NATION FANTÔME

 

La tradition politique et philosophique Française, définit la nation comme un vouloir-vivre collectif, une communauté de destin entre des individus s’étant librement déterminés. Ce n'est que Français, et pas la seule définition possible unique et envisageable comme on l'entend trop souvent dans la classe politique Congolaise où le poids de la colonisation a restreint dans des œillères. Pour les cultures des pays fédérés comme la Suisse ou l’Allemagne, ou encore l'Angleterre et bien d'autres, la nation est l’association objective de sous groupes culturellement définis à la base. Dans les 2 cas, l’égalité entre ceux qui composent la nation (individus ou groupes) est sine qua non.


La nation s’identifie d’abord à un groupe d'homme vivant sur un territoire, puis, à la volonté clairement exprimée des composants égaux de dépasser la tradition et les limites naturelles pour l’objectivité communautaire. La nation ne naît pas d’un décret comme la déclaration d’indépendance. Elle n’est pas un slogan, elle se vit.

 

Le discours politique Congolais se révèle démagogique et hypocrite. Les mots clés de celui-ci, froidement empruntés au lexique de l’ancien colon (patrie, nation, union) apparaissent vides de tous sens, puisqu’ils ne sont vécus d’aucune manière ni montrés en exemple nulle part. Les politiques se retrouvent à exalter une nation d’individus égaux aux attaches culturelles négligeables, alors que nul n’en voit la manifestation, ni même l'essence. Plus personne n’y croit, pas même ceux qui discourent à la tête de leurs partis ethniques. Quant au territoire, il n’a de commun que le siège conjoint aux Nations Unies. Les quelques alibis politiques, nordistes de services à l'UPADS ou domestiques bakongos au RMP ne changent rien à la perception et aux effets réels de la politique clanique Congolaise.

 

Or, il s’avère que sans l’attachement général à une certaine idée partagée de la communauté, ce qui se nomme le patriotisme, l’émergence d’une conscience collective et d’un engagement vers le développement ensemble et dans la paix est introuvable.
Le système politique actuel encré dans un unitarisme injustifié au sein d'une société plurielle, exige des populations le nationalisme ou rien. Il a surtout eut comme réponse « rien ! » plutôt que le moindre signe d’une avancée quelconque vers ses pieux objectifs.

Pourtant, on ne peut pas conclure que ce moteur essentiel du développement qui est le patriotisme, n’existe pas au milieu des Congolais. Mais juste que ce patriotisme là n’est pas national, il est régional.


Il nous faut donc un nouveau pacte Républicain, scellant l'accord entre peuples, avançant chacun au nom de sa Région, pour déterminer un pouvoir national librement consenti, et collectivement partagé, exprimant la volonté de vivre ensemble uni, dans le respect de nos diversités.
Il est temps de démentir le postulat qui prétend que l'enjeu Démocratique et Républicain réside dans la recherche illusoire d’un Etat-nation, irréaliste à court et moyen terme.

 

Pour sa communauté ethno régionale le Congolais est prêt à s’investir à 200% parce qu’il s’agit d’une réalité palpable, proche, d’une affinité de liens réels, qui lui fait mettre du cœur à l’ouvrage. Tandis que pour la cause « nationale » sa tiédeur voir sa réticence, deviennent légendaire.
Le patriotisme régional est notre seule richesse spirituelle en tant que peuples. Pourtant, sans démonstration et d’ailleurs sans succès, les politiques nous invitent à l’abandonner au nom d’un Etat-nation chimérique qui n’a pour seule justification que le fait qu’il est le modèle de notre colon, en nous poussons à nous y accrocher désespérément même quand il s’avère chaotique voir criminel pour notre société.

Le bourbier unitaire étouffe inutilement les énergies qui auraient pu contribuer au développement. Toute cette volonté continue d’être sacrifiée au nom d’une nation fantôme dont le prix macabre a flambé depuis les 15 dernières années. Le Congo aura finalement fait plus de mal que de bien à la majorité de ses ressortissants.

 

Si bien qu'il n'est point besoin d'être un savant, pour constater que le pluralisme national et culturel est la spécificité des sociétés Africaines. Chemin faisant, force est de créer un authentique modèle de l’Etat de droit démocratique dont l'hétérogénéité des peuples et des cultures est le facteur structurant le champ politique et constitutionnel.

 

VI - POUR L’EQUILIBRE SOCIAL ET POLITIQUE.

 

Sous une réorganisation fédéralisée, le Congo incarnera pour la première fois en Afrique noire postcoloniale, un Etat compatible par sa nature démocratique, son droit, son histoire, sa culture, avec les logiques sociales des sociétés plurinationales qui lui donnent corps et signification.

 

1. La fin de la crise et le partage des pouvoirs.

 

Si toute la classe politique veut sortir de l'idéologie de savoir sous quelle ethnie nous allons être mangé, l'organisation en entités territoriales fortes permettra de vider l'élection présidentielle de son enjeux dramatique. Tous les exilés politiques peuvent regagner le pays sans délais, se rendre directement dans leurs fiefs régionaux pour y participer à l’organisation du futur système local sans se nuire les uns aux autres. Il n’y aura plus de terrain commun d’achoppement entre les grands groupes rivaux macro ethniques ou régionaux.


Le fauteuil de président de la fédération perdra son importance grâce à la réduction conséquente de ses pouvoirs en faveur des entités fédérées ou collectivité territoriales, qui auront à charge le législatif local et l'exécutif de l'essentielle de l'économie du développement.

 

Le conflit politique qui nous oppose, c’est qu’il n’y a qu’un fauteuil pour 11 régions (Brazzaville comprise), et la solution première du fédéralisme c’est d’offrir 11 fauteuils pour 11 régions, en éliminant les effets apartheid de dominants/dominés, et les effets du pouvoir absolu. Chacun ayant chez lui les mêmes compétences totales sans être subordonné à un autre groupe, mais en étant surveillé par tous, à savoir le pouvoir central commun. Ce dernier est en charge de tâches régaliennes spécifiques telles que la défense, la sécurité nationale, les affaires étrangères, le contrôle des collectivités, la cohésion sociale, l'équilibre du développement ou les grands d'investissements communautaire à caractère nationaux (grands ponts, autoroutes, chemins de fer, université, centrales électriques, écologie...) Il est le détenteur de la signature qui engage le Congo tout entier, mais sous contrôle étroit d’un parlement équitable, c'est-à-dire composé du même nombre de représentants par Région (6 sénateurs par région par exemple). Il n’a aucune influence exécutive directe sur le quotidien des citoyens à l’intérieur de leurs Régions, ni sur les Présidents des Régions, mais sur l'Union et ses prérogatives.


Les Régions gèrent les dossiers concrets en matière d’éducation, de culture, de santé, de développement économique, d'habitat, de sécurité sociale, de justice du premier degré, de tourisme, de transports, travaux publics intérieurs, de télécommunication, d’aménagement, de police, d’exploitations de leur ressources propres hormis sous sol, espace aérien et ressources maritimes qui relèvent de l'Etat central. Il possède un organe législative qui dans les limites de la constitution nationale, légifère sur le budget régionale et des lois de portée locales. Par exemple, le Pool pourra voter librement le téké et le lari comme langues officielles de la région, enseignée à l'école et utilisée dans l'administration en concurrence avec la langue officielle nationales. Si une troisième langue utilisée dans la localité souhaiterait obtenir le même statut, elle a le droit de faire contester le vote du législateur local auprès de la cour suprême nationale pour non respect de sa particularité culturelle. Puisque cette cour est composé dans cet esprit d'équité, c'est à dire à raison de deux ressortissants par région, l'équité de la décision finale est garantie.

 

Aujourd'hui, on a vu par exemple dans l'affaire de l'arrestation politique de Gilbert TSONGUISSA MOULANGOU, un militant UPADS, comment le régime a mis les instruments de l'Etat au service l'ethnie et de son camp politique le tout se confondant aisément: C'est un ministre de la justice YOKA, épaulé par le procureur général près la Cour suprême AKIERA, qui font arrêter ce monsieur, le défèrent auprès du procureur de la république OKO qui passe le flambeau au juge d'instruction OPO, qui fait incarcéré le pauvre TSONGUISSA dans une prison dirigée par IBELA. Tous originaires du même coin. Quelque soit les motivations, une telle justice ne peut avoir de crédibilité. Demain ça sera MALONGA et MBEMBA, qui donneront à NKOUKA pour faire juger par MASSENGO qui transfèrera vers la prison de SAMBA au grand désespoir du prévenu OBA... Il faut sortir de cet imbroglio.

 

Nous devons tous participer à l'organisation du pays de manière équitable. Seul le collectif sera supérieur au particulier. Il faut que le pouvoir régional arrête les excès du pouvoir central, et il faut que le pouvoir central (pouvoir de tous équitablement) contrôle la marche de chacun dans sa région.


Fédéraliser le Congo est la chance de repartir à l’origine de notre société, afin d’établir un pacte juste et désiré de cohabitation pacifique et équilibré et d’établir les règles d’entraide entre toutes les entités Congolaises.

 

Aucun contrôle ethnique n’est nécessaire pour s’affirmer membre – citoyen d’une Région, si au moment de la création du système, il est admis qu’est membre d’une Région donnée, tout Congolais faisant le libre choix de celle là. Qu’il y ait des attaches ou pas, qu'il y réside ou pas. Le droit de circulation et d’établissement des personnes physiques et morales comme des biens étant libres sur toute l’étendue du territoire Congolais. On a vu aujourd'hui en RDC ou un système semblable est en place, des individus élus député national et député provincial, les deux n'étant pas cumulables, choisir de renoncer à la députation nationale pour se consacrer au développement de leur province. On a vu aussi un muluba et un mungala élus députés provinciaux dans le Bas-Congo (essentiellement peuplé de Kongos) et bien d'autres exemples. Ce qui était impossible dans l'unitarisme, même sous parti unique, où l'essentiel de la politique se négociait dans les cercles ethniques.

 

L’individu ou le groupe brimé dans une Région étrangère, peut compter sur sa Région pour le défendre officiellement en portant l’affaire au niveau fédérale, selon les procédures. L’individu ou le groupe voyant ses droits spoliés dans sa propre Région peut également saisir les instances fédérales et obtenir réparation. Sachant que sa seule Région ne peut influencer toutes les autres, ou que les autres peuvent imposer une amende à la région coupable, qui e peut influencer les autres régions du pays. Le fédéralisme redonnera foi en la justice Congolaise. Ceci constituant un réel progrès vers la confiance, de là vers la nation.

 

VII – LE FEDERALISME POUR LA DÉMOCRATIE ET LA SÉCURITÉ

 

1. Pour la démocratie institutionnelle

 

La configuration que nous connaissons aujourd’hui ne peut fonctionner et n’a tenu jusque là que parce que le régime se comporte en monarchie archaïque : un pouvoir personnel et personnifié en qui les alliés accordent une confiance aveugle, qui dispose de l’administration, des finances, de la justice et de l’armée par un rapport direct et personnel, prenant les fonctionnaires pour ses serviteurs, donc impliquant une confiance personnelle entre eux et le Prince.


Le fédéralisme donne à tous les groupes du pays une légitimité égale, ce qui rend les pouvoirs réellement indépendants les uns des autres, et non découlant hiérarchiquement. Chacun étant issu de souverainetés différentes et parallèles à la fois.

 

TOCQUEVILLE affirmait - à raison - que le fédéralisme c’est apporter la démocratie devant la porte de chaque citoyen. En tant qu’électeur, le citoyen choisit le projet qui lui conviendra pour son environnement immédiat et agira à la fin du mandat directement sur la personne responsable de ses attentes sans que celui-ci ne se couvre derrière un lointain chef quelque part à la capitale qui jamais ne viendra sur les lieux. Le responsable sanctionné n’a pas à espérer une nomination de complaisance dans une autre Région pour continuer à toucher un salaire sans rien faire, parce qu’« ils sont au pouvoir ».

Le fédéralisme c’est donner plus de place de participation à la chose politique plus de gens.


Permettre plus d’efficacité dans la lutte contre les fléaux, ouvrir un large panel à la proposition de projets, l’exécution, le suivi et le contrôle direct au résultat par la multiplication des parlements, des conseils économiques et autres antennes sociales.

 

L’ethnicité qui primait dans le régime unitaire pour cause d’adversité, perdra sa raison d’être, laissant place à la politique rationnelle et critique à l’intérieur des Régions. Car si NGAFINA vire son cousin LIKIBI des responsabilités parce qu'il a failli ou échoué, il le remplacera par son autre cousin NGUIE. L'idéologie chauvine pour faire bloc car c'est notre pouvoir, ne tient plus.

 

2. Pour la sécurité et la paix.

 

Le fédéralisme est le meilleur rempart à l’insécurité qui est devenu le souci majeur de tous les groupes ethniques et régionaux. Aujourd'hui, les milices victorieuses au service d'un homme ou d'un clan, tiennent lieu d’« armée nationale ». Ils ont semé la mort et la désolation au nom de l'ethnie sur les autres ethnies, et ils paradent encore aujourd'hui avec tout le faste et l'orgueil des vainqueurs, intimidant et menaçant, et en touchant un salaire faramineux payé par le contribuable, c'est à dire le même vaincu. C'est une humiliation légitimement insupportable.
Dans un système tenant compte de nos particularités, de notre histoire et de nos sociétés plurielles, les Régions assureront leurs propres forces de police. La présence militaire est soumise à des règles strictes et égales à toutes les Régions, sous le contrôle du Sénat. Aucun déplacement, aucune construction, aucune occupation ne pourra être opérée par les forces armées, sans le consentement de ce Sénat et des gouvernements régionaux concernés.
La confusion habituelle des pouvoirs entre l’armée et la police, sera rendue impossibles parce que les Régions, nécessairement jalouses de leurs prérogatives, tiendront à ce que les institutions de l’État central ne puissent empiéter sur leur domaine. Celui qui dirige la police n’a pas l’armée, et celui qui gère l’armée n’a pas de police.
D autre part, les conflits ethniques que nous avons connu s’apparentent d’un point de vue sentimental à des guerres entres peuples étrangers. Les imbrications claniques et lignagers au sein d’une même Région interdisent certains excès grâce à une médiation quasi familiale, supplantée en cas d’échec, par la médiation fédérale, qui se compose de tous les représentants du reste du pays qui n'ont aucun intérêt direct sur la région en cause. Toutes ces volontés sont contraintes d’objectivité. Le fédéral possède en plus les moyens de coercition sans qu’on ne lui prête d’intentions hégémoniques.

 

VIII POUR LE DÉVELOPPEMENT

 

1. Le Patriotisme au travail

 

Nos sociétés sont aussi capitalistes que les autres. Elle ne demande que l’intelligence au pouvoir et le contrôle du risque pour être réveillées. Dans ce sens, la mutation de l'économie de subsistance à l'économie d'accumulation doit concilier l'efficacité économique et la cohésion sociale, la mobilité du capital et la mobilité du travail, la vertu de la régulation et la vertu de liberté d'initiative, afin que les nations, l’Etat et les citoyens redeviennent les acteurs de leur propre histoire.

Fédéraliser le Congo c’est confier le développement et la vie de tous les jours à ceux que cela concerne directement pour eux-mêmes et pour leur propre famille. C’est écarter les réticences actuelles de s’investir sur ordres flous de lointaines institutions caricaturales, imposées et sans âmes. Des institutions inacceptables souvent par simple orgueil identitaire.

 
C’est réconcilier le citoyen avec sa patrie de cœur qui est la Région, une patrie pour laquelle on ne lui a jamais donné la chance de travailler. Chacun participant de son plein gré pour ce en quoi il croit, pour ce qu’il aime, sur ce qui l’attache sans se sentir dominé ou asservi par d’autres, sans craindre les intentions mesquines de quelques fonctionnaires envoyés de la capitale qui ne ressentent absolument rien pour sa localité à lui et qui sont juste bons à guetter la bonne occasion pour s’en mettre plein les poches.

Si face à l’adversité des autres Régions on s’interdit l’objectivité, le fédéralisme permettra de tourner la page de la période des rois fainéants et des complaisances infinies au nom de la défense inconditionnelle de la Région face aux autres. L’argument tribaliste perdra son sens. Il instaurera une culture du résultat, en redonnant au citoyen la liberté de juger rationnellement l’action politique et sociale de chaque acteur. Puisqu’au final, on remplacera toujours OBA par OKO ici, et LOEMBA par TCHIBINDA là bas, MBEMBA par MISSAMOU ailleurs, sans craindre que le trop plein de critiques ne laisse échapper le contrôle de la politique de chez soi à un autre groupe.

 

2. La rigueur et l’objectivité économique

 

Le fédéralisme c’est stimuler la concurrence à l’intérieur du pays. Permettre aux Congolais de travailler et de s’installer dans la Région de leur choix avec le groupe qu’ils jugent le plus compétent et le plus rassurant à leurs yeux, sans craindre que ses efforts restent multipliés par zéro parce que le tyran qui tire toutes les ficelles est le même.


3. Le développement culturel

 

Fédéraliser le Congo c’est sortir la culture de sa clandestinité. Permettre à chaque groupe de promouvoir librement son être dans son espace selon sa conception et ses besoins. C’est libéraliser la pratique, l’enseignement, l’officialisation de nos langues locales et des mythes qui constituent nos histoires régionales propres, qui font nos identités et une richesse pour l'humanité toute entière. Plus besoin d'attendre que LISSOUBA soit au pouvoir pour promouvoir les musiques traditionnelles de son coin, et voir LOUSSIALA-DE-LA-POUSSIERE ou Jean-Serge ESSOU triompher à nouveau sur les écrans parce qu'enfin financer, parce que le pouvoir est dans le camp.

 

IX - FÉDÉRATION, RÉGIONALISATION, DECENTRALISATION

1. Quelle différence

 

La décentralisation est le processus par lequel un centre abandonne une part de ses fonctions au profit d'une périphérie. Le mot a un sens concret quand il s'agit de décentraliser des activités et un sens abstrait quand il s'agit de décentraliser le pouvoir. Dans ce dernier cas, on crée simplement un postiche sans pouvoir s’il est élu, ou un subalterne de plus s’il est nommé et on parle dans ce dernier cas de « déconcentration ». Celle-ci est représentée par le le préfet, qui est une particularité Franco-Française et constitue un véritable frein à la réussite du projet, puisque la France est le pays le moins centralisé de l'Europe de 15, dite aussi « la vieille Europe ». Il n'empêche que reproduire la décentralisation Française au Congo, aussi timide soit-elle, serait déjà une immense révolution. Car en France, le développement économique, les écoles, l'aménagement du territoire, l'aide social, la recherche scientifique, la formation professionnelles, le logement, la culture, les sports sont déjà du ressort des collectivités; ces dernières gèrent les impôts locaux, reçoivent des dotations conséquentes de la part de l'Etat, et une liberté d'action et d'initiative plus que louables. Les régions Françaises accordent des bourses, signent des accords de coopération avec d'autres régions du monde, frontalières ou pas. Les communes crées des richesses, lèvent l'impôt, contractent des prêts auprès des banques, ou s'engage dans des partenariats avec des entreprises privés pour la construction au la gestion d'édifices. Elles concourent même l'Etat, pour soutenir financièrement des projets nationaux, dont l'intérêt local est avéré (construction de chemins de fer, de pôles de compétitivité, ou maintient des emplois).

Au Congo, sur le plan de la décentralisation des activités, il faut bien qu’il y’en ait, pour les confier aux collectivités locales. Par exemple, l'Etat se désengage dans la gestion des stades et les confient aux communes ou aux départements. Seulement, il n'y a pas de stade dans les régions Congolaises. Il n’y a rien à décentraliser. On ne gère pas de constructions d’hôpitaux, d’entretiens routiers, de renouvellements de matériels, de modernisations d’écoles et de structures culturelles ou sportives chaque année dans toutes les régions. Le centre ne croule donc pas sous le travail faisant souffrir la périphérie par la lenteur ou l’inadéquation des solutions envoyées de trop loin.

 
On aurait pu appuyer une décentralisation industrielle ou du secteur tertiaire par des mélanges de mesures incitatives et limitatives dans un but de dispersion et d’équilibrage, comme ailleurs, on s'est arranger que l'industrie automobile, puisse avoir des pôles de fabrication sur toute l'étendue du territoire. Mais il se trouve que là non plus il n’y ait rien à décentraliser au Congo. Qu’est ce qu’une banque ou une laiterie ira faire à Vinza?

 

La décentralisation quand il y’a de quoi décentraliser, mais sans pouvoir locaux réellement responsables, restera une administration dont les moyens et parfois les ordres viennent de loin, décidés par un groupe pour d’autres. Elle n’élimine pas le problème de la majorité ethnique au niveau nationale et de l’apartheid qui s’en suit, elle n’empêche pas la concentration de tout l’exécutif aux mains du même groupe ethnique, elle ne peut déjouer un favoritisme du centre dans sa répartition budgétaire, elle ne soulève aucun enthousiasme populaire particulier… Bref, elle ne remplit aucun critère pour palier aux maux spécifiques d’un pays comme le notre.

 

La régionalisation obéit à un processus de décentralisation avec des entités plus vastes. En leur donnant des pouvoirs concrets tout en allégeant ceux du centre, la régionalisation peut se rapprocher du système que nous prônons; un fédéralisme qui en évite juste le mot. L’ennui c’est que l’irrespect des limites et le manque de tradition démocratique chez nous n’autorisent pas la mise en place de systèmes aux frontières floues, que des gymnastiques politiciennes pourraient vider de toute leur substance. Néanmoins, régionalistes, autonomistes, fédéralistes, confédéralistes et même décentralisateurs sérieux sont sur la même longueur d’onde. Tout est dans le contenu et pas dans le nom.

La grande distinction que nous faisons ici entre fédéralisme et décentralisation tient du fait que pour le fédéralisme, il ne s’agit pas de ramener quelque chose du centre, mais de le créer complètement avec le seul engagement des populations concernées. Le fédéralisme dans notre pays serait irréalisable sans le patriotisme régional dont témoignent les Congolais de tout bord et le désir de responsabilisation complète des groupes régionaux. Il use de ce même repli ethno - régionaliste qui nous empêche aujourd’hui de vivre dans l’unitarisme, pour le retourner comme moteur dans le fédéralisme. Le venin devenant vaccin.

 

D’ailleurs, la plupart des projets politiques Congolais dit de forte décentralisation ou de régionalisme sont en réalité fédéralistes. Hélas il se trouve que le mot et la notion de fédéralisme souffre de méfiance parce que mal connus de nos compatriotes et même de la classe politique, qui accuse un profond manque de formation politique et dont la connaissance des notions ne dépasse pas généralisation l'imaginaire populaire.

 

2. L’aptitude de nos Régions à l’autonomie

 

Considérant que la plus grande richesse c’est l’homme, on peut affirmer qu’il n’y a pas dans notre pays de Régions trop pauvres pour s’auto-administrer. Ce vieux prétexte d’absence de ressources naturelles était dans les années 50 l’argument phare des opposés à la décolonisation, à qui on doit la mise sous tutelle de la Namibie sous un régime effroyable.
Dans notre système actuel, aucune Région ne reçoit de dotations conséquentes du budget national, Brazzaville et Pointe-Noire engloutissant la totalité, pour un résultat d’ailleurs fortement discutable.
Un système de répartition du type fédéral permettra à chaque Région de percevoir annuellement des crédits nationaux proportionnellement au nombre de leurs habitants, à la taille du territoire, aux enjeux etc... une fois que le centre aurait extrait un minimum pour ses missions régaliennes. Sachant que le centre, une fois amaigri de ses hordes de fonctionnaires – et d’institutions voraces qui ne servent plus qu’elles-mêmes – pour les rendre à leurs Régions respectives, il aura conséquemment réduit son train de vie. Certains analystes avancent le chiffre de 50 à 70% des recettes nettes affectables aux Régions. C'est comme si chaque région avait en moyenne 50 milliards chaque année, dévolue à son développement et géré par des élus régionaux.
Les sommes ainsi allouées représenteront une corbeille importante que des acteurs compétents et concernés sauront faire profiter à leurs localités, dans un climat de confiance, de participation collective, de démocratie et de contrôle assuré par un centre désintéressé et des citoyens régionaux vigilants.


Cela implique également l’impératif de sortir d’une vision économique qui ne vole pas plus haut que la chasse, la pêche et la cueillette. En effet, le pétrole, le bois et les mines, nos principales sources économiques, ne sont que des formes modernes de ce ramassage des aubaines de la nature.


Une économie valable et moderne nécessite une créativité et une adaptation auxquelles nous ne pourront échapper. Aussi, rien n'impose que toutes les régions aient les mêmes prérogatives. En Italie par exemple, chaque région est reliée à l'Etat central par un contrat différent qui lui concède plus ou moins d'autonomie selon ses capacités. Le tout est négocié régulièrement par un ministère dédié, évalué, et rediscuté tous les 5 ans entre les régions et le parlement central, avant de renouveler le contrat de fonctionnement des uns et des autres. Il est aussi de plus en plus répandu dans l'administration de procéder par des essais pilotes: deux ou trois régions acquièrent des degrés d'autonomie divers, et chaque année ou tous les deux ans on publie une évaluation qui permet d'améliorer le système, de le généraliser ou d'en proposer un nouveau pour ces régions ou pour de nouvelles régions prêtes à rejoindre le système différent. Ceci sans que personne ne puisse affirmer d'ores et déjà à quoi ressemblera le modèle Congolais dans 10 ans.

Mais il faut essayer autre chose, car l'Etat doit être est en perpétuelle mutation, et non figé sur le nombre de régions, leur découpage, leur prérogatives. Nous allons droit vers un mur.

 

X - ADÉQUATION DU FÉDÉRALISME AVEC LES STRUCTURES GÉOGRAPIQUES ET HUMAINES

 

1. Adéquation


Lors du serment du Grütli donnant naissance à la Confédération Helvétique à la fin du XIIIè siècle, les Suisses n’atteignaient pas un million d’âmes. Peut-être un demi million. Aujourd’hui encore huit siècles plus tard, ils ne sont que 7 millions.
Jadis, certains prédisaient au fédéralisme Américain de ne pas tenir à cause d’un trop grand territoire, prédisant que le jour où chacun se sentira assez fort pour faire cavalier seul, le pays s’effritera comme peau de chagrin. Le pouvoir fédéral si loin et peut-être plus pauvre que l’État Sécessionniste, ne fera que constater.


Aujourd’hui, prise isolément, la Californie est le 5ème État le plus riche du monde. Mais ni elle, ni le Montana son petit frère pauvre d’à côté ne songent à quitter les Etats-Unis d’Amérique.

 

La fédération est le résultat d’une disposition sociologique particulière qui requiert une organisation par groupes autonomes. Elle n’est pas subordonnée à des questions de superficie et de nombre d’habitants. Parmi les pays unitaires, on constate que la microscopique Guinée Équatoriale, la grande France et la surpeuplée Chine s’administrent sous la même forme Unitariste, avec des résultats très différents. Autant dans le monde des fédérés on trouve également des petits pays (Emirats Arabes Unis 77 800 km2, c'est moins que le Pool!) comme des grands (Russie), des très peuplés (USA) comme des moindres (Suisse), des démocraties confirmées (RFA) comme des régimes instables (Nigeria), des fortes densités (Inde) comme des faibles densités (Canada, Australie), des pays enclavés à plus de 80% (Brésil) comme des plats pays facilement administrables (Belgique)…etc. Le fédéralisme Yougoslave s’est terminé en sang, le divorce Tchécoslovaque a été pacifique. D’autres unions fédérales ne souffrent d’aucune remise en cause, tandis que de vieux jacobins sont secoués par des velléités séparatistes.

 
Même la guerre froide a transcendé ces systèmes d’administration de manière égale : il y’avait des pays fédéraux des deux côtés du rideau de fer.

 

Aussi, constatons que dans un système de répartition locale de compétence (décentralisation, fédéralisme ...etc.), il y'a par des communes de tailles inégales. Certaines ne dépassent pas quelques dizaines de familles, d'autres comptent des millions d'habitants. Pourtant, dans les grandes lignes, leur prérogatives sont les mêmes. En réalité, cette histoire de taille du pays est un postulat qui trahit cette mauvaise connaissance des systèmes administratives, perçue par la conception populaire mais ne relève pas de l'expérimentation professionnelle. C'est un non sens comme dire qu'un pays a toujours une capitale économique et une capitale politique, ou que tous les pays ont une langue officielle.

 

La mise en place d’un fédéralisme n’est donc pas déterminée par des critères géographiques ou numériques mais socioculturels et historiques, dont le Congo (et tous les pays d'Afrique en réalité) présente un condensé plus qu’exhaustif.

 

Pour le cas Nigérian souvent opposé à ce modèle en Afrique, on oublie souvent que ce pays n’existerait plus aujourd’hui sans le fédéralisme à qui il doit sa relève après la guerre du Biafra. Aussi aussi il y'a une imperfection du modèle qui n'a pas l'objet de révisions importante depuis sa mise en place. Tous les autres pays d’Afrique où se succèdent les guerres toujours pour la même raison d’incompatibilité du système pour des sociétés plurielles, notamment le Tchad, la RDC, la RCA ou la Côte d’Ivoire ont tout à gagner en se réadaptant au risque de disparaître par génocides cumulés. En tout cas la méfiance qui règne en leur sein, empêchera toujours la naissance d'un nation, pour former cet Etat-nation comme de leur colonisateur à qui ils veulent coûte que coûte ressembler.

 

2. Géopolitique interne aux Régions fédérées.


La question de créer une fédération pour chaque ethnie ne se pose pas. Chaque Région fonctionne elle-même comme une fédération pleine, les sous-groupes intérieurs sont représentés par des subdivisions administratives et politiques cohérentes, jouissant à leur tour d’une démocratie locale. Car la décentralisation se fait à plusieurs échelles.
Chaque Région doit avoir la liberté de s’organiser pour donner un rôle aux élus départementaux, selon les spécificités locales et sous le contrôle neutre des autres Régions représentées au centre par le Sénat.
La tradition Américaine considère la fédération comme étant avant tout une alliance entre familles libres. Les familles se regroupant ensuite en districts, ceux-ci en comtés, ces derniers en Etats et l’ensemble forme les États-Unis d’Amérique.


La Fédération Congolaise sera une fédération d’individus, réunis en fédérations familiales, elles-mêmes groupées en fédérations cantonales, pour donner la Région, puis l’ensemble des Régions faisant la grande Fédération.

 

La réinvention de la démocratie de proximité ne remet en cause ni les frontières internes (la Région, demeurant le lieu de brassage des peuples), ni les frontières externes de l’Etat. Toutefois, une inter-régionalité (coopération entre régions) et des coopérations régionales transfrontalières particulières dans les domaines économiques ou culturelles sont à encourager, comme il en existe dans tous les ensembles politiques du monde libre. Il existe comme troisième institution de l'Union Européenne, à côté de la Commission et du Parlement, le Comité des Régions de l'Union, dont la mission est de porter la voix de l'Europe des régions, mais aussi de promouvoir la coopération inter-régionale à travers l'Union. La Construction Africaine est un devoir que nous faisons notre, quoi que nous considérons que ce qui donnera un sentiment réel d'union, ce n'est pas la conférence des Etats artificiels issus de la colonisation, avec des présidents issus de la domination numérique ethnique qui pervertie la démocratie, et donc ne sont pas réellement représentatifs des intérêts de leur pays, ou de leurs peuples. L'union se fera par la coopération effective entre les peuples, dans leur entité naturelle qui est l'expression directe de leur volonté, les régions.


XI - LE CAS PARTICULIER DE BRAZZAVILLE


Brazzaville ne peut être rattachée à la Région du Pool vu les différentes sensibilités qui la compose.


En restant simple ville autonome et capitale de la fédération, sans structures régionales fédérées à l’image des autres Régions, ce serait priver une partie trop importante de la population de démocratie politique. On peut reconnaître une citoyenneté Brazzavilloise, comme il y’a une citoyenneté Lékoumoise, ou Sanghienne.

 

Pourtant, une fois Brazzaville Région à par entière, municipalité et capitale fédérale, la frontière des compétences entre le gouvernement centrale qui doit exercer son autorité sur sa ville, la municipalité et le gouvernement régional risque de contrevenir au bon fonctionnement de toutes les institutions de cette ville.


D’où la nécessité pour la capitale fédérale de se situer dans une autre bourgade, complètement consacrée à ses tâches administratives, juridiques et politiques fédérales, bien loin des tumultes d’une grande agglomération comme Brazzaville.

 

La région des Plateaux offre par sa position centrale, le meilleur site pour ériger la nouvelle capitale fédérale du Congo.

CONCLUSION


Ce projet de paix civile et de mise en place de meilleures conditions de travail pour tous est une révolution intellectuelle en rupture avec le culte opaque de l’Etat – nation, dont la crise et les mutations ont révélé l'incompatibilité avec les logiques de nos sociétés plurielles. En outre, la formalisation juridique de ce nouvel ordre politique, fera des constitutions démotiques, l'oeuvre des populations elles-mêmes, mise au service de la liberté et de la productivité, et non à celui d'un homme ou d'un groupe, comme moyen de domination politique. Les Congolais ont tout intérêt à soutenir ce projet, qui fait du relativisme historique et social, une contribution à la civilisation de l'universel.

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 Juillet 2009... Les grandes manoeuvres (le 24/04/2009 à 13h44)

JUILLET 2009  …LES GRANDES MANŒUVRES.

 

 « Le dialogue républicain », conforme aux  trois vertus républicaines définies par Montesquieu («liberté, égalité et frugalité») n’a pas eu lieu. Et  «celui» qui  revenu aux affaires par la force des armes, s’est évertué  à ôter cette  lueur d’espoir jamais concrétisée en raison de la facétie et de la morgue des gens absorbés par la versatilité, la mondanité et l’excès de confiance, mais surtout enivrés par des recettes pétrolières abondantes. Les évènements de Pointe-Noire et la crise mondialisée auraient dû alerter ces gens-là grisés par le zéphyr du luxe, au moment où le peuple congolais, ébranlé par le tourbillon des contingences de la vie, peine à subsister.

A quelques semaines  de l’hypothétique élection présidentielle, un climat  lourd prévaut au Congo-Brazzaville,  des scenarii à foison. La configuration du marigot politique congolais actuel donne à peu près ceci :

L’aile Noumazalaye incarnée par Isidore MVOUBA qui rappelons-le, a toujours fait partie de cette obédience, était l’initiatrice  de  la vraie « concertation nationale » qui aurait dégagée un horizon clair avec la participation de l’opposition responsable représentée par DZON, POUNGUI, KINFOUSSIA et dans une certaine mesure Marion MANDZIMBA. N’en déplaise à Miokono qui estime que nul n’avait le monopole de l’opposition. Mais l’opposition est une démarche responsable qui privilégie l’intérêt général au détriment des ambitions égoïstes. Un vrai dialogue aurait permis que  toutes les questions relatives  à cette élection capitale  soient mises sur  table pour arriver à un consensus  qui  consoliderait la fameuse paix qui est devenue le leitmotiv des chantres de la Nouvelle Espérance. Toute fois, c’était sans compter la boulimie du pouvoir de Sassou et de sa cohorte de fils et neveux qui n'ont jamais été partisans de ce dialogue. Le pouvoir sinon rien, même  s’il faut vendre tout le pays. Donner toute la latitude à Mvouba qui n’était pas contre la nomination de Aimée Mambou Gnali au poste de vice –président  lors de cette concertation, équivaudrait à lâcher du lest et à perdre un certain nombre de prérogatives.

Ceux qui prétendent  faire partie de « l’opposition constructive »,  étaient probablement animés d’une bonne volonté, puisque le pouvoir leur avait fait miroiter la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, à l’issue de cette concertation, le dit gouvernement préparerait l’élection présidentielle de juillet 2009. Résultat des courses, une fois de plus,  ces naïfs ont été désabusés par Sassou et son clan qui n’ont cédé aucune parcelle de pouvoir.

Deux postures se dégagent : ceux  dont l’activité politique depuis la chute du régime de Lissouba  a toujours été guidée par la trahison ou d’assurer le faire valoir du régime de Sassou.  Munari, Mbéri Martin, Tamba-Tamba incarnent cette ligne. Leur avenir politique est désormais lié à celui de Sassou d’autant que leur aura dans leur fief de Mouyondzi s’est réduit  comme peau de chagrin. Le chemin de Mpila et de Oyo leur est ouvert jour et nuit, malheureusement,  à moins de jouer  le  rôle marginal qui leur serait imparti le moment venu, Sassou sait qu’ils ne pèsent plus grande chose sur l’échiquier politique. Or, il ne s’attache  à une marionnette  que lorsqu’il est convaincu que ses ficelles sont susceptibles d’engranger  des retombées politiques   quantifiables et indiscutables. Le congrès « de la réunification »  de l’UPADS, mort né et financé en grandes pompes  par leur mentor, dans le but de désarçonner l’électorat du Niboland  a tourné court.

De  même, les  prétendues rivalités  entre les descendants  du royaume téké  ( Dzon, Miokono, Ngouolondélé) sont  le fruit de l’ imagination  des officines de Mpila aux fins de déstabiliser  cet électorat  à la discipline légendaire.

D’autres tenants de cette « opposition constructive » que sont Miokono, Bokamba, Yhombi ou  Fylla, rivalisent d’imagination pour consolider  leur allégeance au pouvoir de Mpila. Finalement,  c’est la désillusion qui a pris le pas sur l’espoir de s’implanter dans l’oyocratie en cherchant  à damer le pion à ceux là qui se battent bec et ongle pour une véritable alternance au Congo. Chacun se justifie comme il le peut, mais tout compte fait, l’histoire, seule juge des temps donnera une lecture sans concession de leur action qui à mon avis ne sera pas retenue dans les pages glorieuses de notre pays. Face à celui qui a plongé notre pays dans la misère effroyable,  accepter un dialogue n’est pas en soi signe de faiblesse, mais l’état apocalyptique actuel de notre pays exige un vrai dialogue.

Nous avons un contexte qui sied à un tel dialogue. La cabale menée par la presse internationale contre ce monarque qui dispose par exemple de 112 comptes en France, donne la dimension du désaveu et, ceux qui  s’accrochent encore à ce pouvoir ont tout faux. Le monde change, les acteurs mêmement.  Sous Sassou Nguesso, le Congo connaît vingt cinq années d’un pouvoir liberticide, inégalitaire et boulimique qui a fini par réveiller soudain la conscience des congolais  pressurés et foudroyés par l’onde de choc des promesses non tenues, remplacées par des projets mal ficelés, quitte à sacrifier le destin de tout un peuple plongé dans la précarité. Espérons que ce peuple réveillé ne sera plus rendormi et réussira à contourner la grande supercherie  que lui prépare  ce pouvoir en organisant de façon unilatérale les présidentielles de juillet 2009, alors qu’aucune condition de transparence n’est garantie.

D’innombrables tripatouillages, préludes à un véritable hold up électoral sont  chaque jour mises à jour par ceux qui veulent voir.  En dépit d’énormes sommes d’argent  indûment mises au service de la communication de Sassou, avec les résultats d’un recensement qui défient toute la logique mathématique, personne n’est capable de nous  expliquer comment des districts comme Ollombo avec une population générale évaluée à 21277habitants  peut –il se retrouver avec un corps électoral estimé à 25755 électeurs ? ou le district de MPouya avec 9284 habitants peut-il avoir  un corps électoral estimé à 9178 électeurs ?(1)

Dire que Fylla ou Miokono ont estimé de façon tonitruante que la plupart des revendications formulées par leur parti respectif auraient trouvé un écho favorable lors du monologue du  14 Avril 2009, on reste dubitatif sur leur réelle motivation.

Pourtant, à travers cette future consultation, le peuple congolais  aurait  manifestement  trouvé  l’occasion de pansement des blessures  d’un peuple broyé par la mauvaise foi d’un régime cupide, tyrannique, dénaturé  et infecté par des transfuges éhontés. L’ampleur du désappointement de ce peuple en quête d’équité, de justice et de liberté n’avait pas été mesurée par Sa Majesté. Lui et son clan courent le risque d’être désavoués  et défenestrés par le réveil brusque d’un peuple prétendu fataliste, longtemps grugé, humilié et opprimé.

 (1)          Voir Conférence de Presse de M. Dzon du 21 Avril 2009.

 

Djess dia Moungouansi

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 Comment réussir une véritable dévolution du pouvoir au Congo-Brazzaville ? (le 01/03/2009 à 23h09)

                                                                                                                                                                                                                                        Comment réussir une véritable   dévolution  du  pouvoir au Congo-Brazzaville ?

 

Le Congo  est devenu un immense chaudron toujours au feu, où nagent en grumeaux 70% des laissés- pour compte  dans le jus amer des inégalités, et dans lequel touillent en se disputant les marmitons de la manipulation comme les bougnats arrivistes. Sur cette tambouille, l’euphorie des présidentielles est jetée tel un couvercle de plomb: loin d’étouffer  les insatisfactions toujours grandes, elle deviendra en réalité un véritable exutoire.

Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. Les semaines prochaines  seront  déterminantes pour l’avenir de notre pays, des surprises pourraient surgir à tout moment et ridiculiser nos analyses les plus sophistiquées. Quel que soit le scénario, les présidentielles de juillet 2009 seront manifestement sous l’emprise de la langue d’Esope : nous aurons droit au meilleur ou au pire. L’heure est donc grave, le temps presse, l’exigence du changement, mêmement.  L’opposition aura à cœur à  assumer ses lourdes responsabilités et ne pas s’enferrer dans son impéritie maladive, au risque de voir  le dictateur nous imposer, comme en 2002, sa funeste victoire.

« L’homme des masses », en effet, ne conçoit pas cette dernière comme la réalisation d’un grand dessein qui fait avancer les congolais vers plus de liberté, de développement, de créativité, de joie de vivre, et qui lui assure une place honorable dans l’histoire du pays. Non, la seule victoire qui compte à ses yeux est d’être au pouvoir et d’y rester le plus longtemps possible, pour que lui et les siens puissent jouir de tous ses privilèges ... à la manière d’une sangsue et tant pis pour la victime.

Sans conteste, je vais soulever la moue désapprobatrice d’un nombre de nos concitoyens en affirmant  que l’alternance politique  ne rime toujours pas avec  foultitude des candidatures.  Une kyrielle de candidatures, mal ficelées peut même conduire à un effritement électoral et produire le résultat contraire à celui qui était attendu. Le problème est pris à l’envers, tant, l’essentiel a été à dessein perverti .Mais comment parvenir à une dévolution du pouvoir sans effusion de sang dans un pays où les politiciens véreux manient la violence politique comme leur langue maternelle ?

Nous avons beau retourner le questionnement dans tous les sens, certains  paramètres  restent immuables, têtus, mais pourtant intelligibles au commun des mortels : comme tous les dictateurs à travers le monde, Sassou  veut s’éterniser au pouvoir en utilisant tous les subterfuges  nécessaires  pour y parvenir. Et comme tous les peuples opprimés par leurs propres dirigeants, le peuple congolais  a fait de son départ son crédo  sans trop savoir comment s’y prendre. Un tableau d’une extrême laideur est là, omnipotent, narguant  les congolais.

Loin de la maxime de Pierre De COUBERTIN, qui ne conditionne pas la participation à une compétition sportive à une obligation de résultat,   l’élection présidentielle, notamment dans des pays  réfractaires  à la rigueur démocratique,  n’est pas un jeu. L’essentiel n’est donc pas d’y participer.

Le destin d’un peuple ( en l’occurrence le peuple congolais traumatisé par la gestion chaotique des richesses du pays par des vautours sans foi ni loi)  est en jeu. En somme, la gestion vertueuse de la cité en est tributaire.

La stratégie qui consiste à d’abord présenter  sa candidature et ensuite chercher à négocier  les conditions d’une mise en place d’une élection  crédible et  transparente est  non seulement périlleuse, mais produit  pour plusieurs raisons, des résultats contraires  aux aspirations du peuple.  Elle se mue en une élucubration fantasque dont l’histoire humaine atteste de la triste probabilité.  Parmi  les effets les plus désastreux,  elle valide  de façon officielle le statut de « faire-valoir »  que  ces candidats  n’auraient volé à personne.

L’enjeu est ailleurs.  Il ne suffit pas de fustiger les listes électorales douteuses confectionnées dans les officines de Mpila pour exécuter les basses manœuvres de la grande tricherie électorale pour créer le rapport de force susceptible de faire plier ce régime autiste. Ce n’est pas seulement en regardant une femme qu’elle tombera enceinte, disait l’autre. Seule l’action produit des fruits. Il faut se rendre à l’évidence que la fatalité n’explique pas tout et ne peut servir d’alibi face à l’absence de volonté politique, d’anticipation, d’organisation. Encore faut-il accepter de braver, non pas l’opinion publique qui est acquise au principe d’une saine gestion, mais d’innombrables résistances émanant d’hommes nuisibles à notre société et que cessent les  constants actes de prédation qui ruinent notre pays. Car, la persistance de certaines méthodes a deux inconvénients au moins : elle hypothèque notre avenir, puisqu’il faudra bien régler la note, et elle empêche l’Etat d’être au service du peuple.

Au lieu de passer le temps à soigner leur candidature, Mathias DZON, M’POUNGUI et autres doivent mettre en exergue leur détermination et montrer à la face du monde que cette fois –ci pour paraphraser Guy Romain KINFOUISSA, «  si nos doléances ne sont pas prises en compte, il n’y aura pas d’élections, ni pour nous, ni pour Sassou ». Quant on connait l’impudence du Roi de Mpila, nous ne sommes pas à l’abri d’une authentique partie de poker menteur dont le maître de cérémonie serait justement …Sassou. Le Congo est cet espace  de la planète où, on adore lancer de petits conflits tournant à la guerre mémorielle des paroles par refus d’aborder les problèmes en temps et en urgence. Le lieu où on préfère l’étripage au dialogue, l’enlisement à la réforme, les paroles aux gestes, l’hypocrisie à la franchise des convictions, l’abandon et l’insouciance à la recherche des solutions à nos soucis quotidiens. Le récent  accord entre le PCT et le RDD de Joachim YHOMBY OPANGO « en vue de gouverner ensemble en cas de victoire » en dit long sur la suprématie dans notre pays, d’une seule couleur, celle de l’argent. Pire encore, les larves de ce cocktail explosif dont on connait la nocive composition, anéantiront à jamais les cloaques qui auraient survécu aux affres des assommoirs de la Nouvelle Esperance.

Des hommes politiques honnêtes, inspirés, soucieux d’un réel changement, se seraient d'abord battus pour la transparence des élections, l'égalité d'accès aux médias et non pour cette course frénétique aux candidatures et pour l'étalage de leurs richesses acquises dans les conditions que l'on sait. C’est à eux que revient le travail de mobilisation de la société civile dont l’action reste pour l’instant centrée autour du combat pour les droits de l’homme, ce qui rappelle l’histoire du bédouin victime d’une razzia et qui eût ce mot célèbre : « Ils ont emmené les dromadaires, mais je m’en suis plaint à Dieu et je les ai beaucoup injuriés. »

La version congolaise sera : « Nous avons réclamé une Commission Electorale Indépendante auprès de Sassou qui nous a opposé une cinglante  fin de non recevoir sur fond de mépris et de cynisme, on ira se plaindre auprès de la communauté internationale ». Il y a de quoi être sceptique quant on connaît de qui est fait ce « machin » qui aurait pu être l’ultime rempart aux dérives dictatoriales.

Il est donc temps de tester la capacité de mobilisation de nos compatriotes et d’évaluer    dans quelle mesure cette société bâillonnée, à défaut d’exploser à cause de la chape de plomb policière du Général N’Denguet qui la recouvre… imploserait. L’étendue de la misère psychologique des congolais se voit désormais à travers le fameux tamis percé de notre proverbe de Roi D’Abomey. C’est donc cette levée de bouclier galvanisée par l’orgueil qui sommeille dans l’âme de tout peuple qu’il faut solliciter et exhumer pour conjurer cette résignation qui s’abat dans toute son horreur aux tréfonds de la société congolaise.

Si, avant juillet  2009, discuteront pour créer les conditions d’une dévolution pacifique du pouvoir, non  des représentants d'intérêts égoïstes, mais des hommes et des femmes de bonne volonté, amoureux de ce pays, l'éponge à conflits commencera à passer. Sinon, la pyramide de vinaigre ne cessera de dégouliner sur nos plaies. Aux oreilles d’un pouvoir autiste et d’une opposition divisée, il faut aujourd'hui  faire tinter le tocsin de la responsabilité, si l'on ne veut pas demain sonner le glas de la République du Congo.

 

Djess dia Moungouansi

Le Blog de Djess

Cet article a été également publié sur les sites suivants:

http://www.zenga-mambu.com/fiche.php?id=783        Zenga-mambu

http://www.congo-internet.com/dossiers/dossiers.php?val=735_comment+reussir+veritable++devolution++pouvoir+congo-brazzaville+     Le Moustique


 

 

 

 

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 Les deux périls qui menacent le Congo: l’illusion statistique et le syndrome hollandais (le 18/11/2008 à 20h23)

                                     

En règle générale, la croissance annuelle du PIB donne la traduction statistique  de l’activité économique d’un pays. Toute fois, les effets induits par l’augmentation des biens et services d’un pays pendant une période déterminée, dépendent non seulement de la structure de son économie, mais également des relais sur le terrain. Ces dernières années, on a assisté à une augmentation concomitante du prix et du nombre de barils/j. Pour évaluer les conséquences insidieuses sur le terrain, j’ai opté pour une démarche qui emprunte tant aux réalités congolaises qu’à la réflexion pure.

Nonobstant la sensation d’aise induite par la frénésie pétrolière,notre pays s’expose à deux périls  qui ont toujours  été mal expliqués ou mal perçus  par nos dirigeants, au premier desquels, on a l’illusion statistique.

Ce concept, rébarbatif par sa forme, l’est moins dans son contenu , tant il traduit cette espèce d’euphorie dans laquelle se sont toujours baignés les chantres de la nouvelle Espérance, qui interprètent, sans aucun effort intellectuel, des chiffres mystificateurs de la croissance du PIB de notre pays en performances économiques.

Depuis  bientôt une décennie, notre pays  aligne sans effort des taux de croissance du PIB que nous envient les économies industrialisées. Selon les dernières estimations, le taux de croissance réel du PIB au Congo-Brazzaville devrait être de l’ordre de 7,6%, largement supérieur à la moyenne de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale). Ce taux de croissance anormalement élevé, génère une certaine atonie, tant les autorités congolaises se bercent dans l’illusion statistique. À la faveur de la hausse des prix des matières premières et à l’amélioration des termes de l’échange donc, le budget de l’État congolais pour l’exercice 2007- 2008 a augmenté de 43,4% (soit 834,9 milliards de FCFA), passant de 1921,1 milliards de FCFA dans la loi de finance initiale à près de  3000 milliards dans la loi de finance rectifiée. Les dirigeants congolais se sont toujours leurrés par des taux de croissance du PIB de 5, 6 voire 8%, mais ils ont naïvement ignoré la chose essentielle : ces taux de croissance résultent davantage de la valorisation de la rente pétrolière que d’une dynamique de l’appareil productif. En d’autres termes, les autorités de Brazzaville n’ont  aucun mérite dans la génération de cette croissance, tant, les entreprises qui devraient être les seules à produire une croissance du PIB saine, sont pour la plupart sous perfusion financière de l’Etat.

Une croissance résultant d’un dynamisme de l’appareil productif réduit le chômage, injecte du pouvoir d’achat aux populations qui augmentent leur consommation et l’économie s’en porte mieux. C’est bien le contraire de notre pays qui, en dépit d’une augmentation exponentielle  des recettes pétrolières ces cinq dernières années, on est confronté à  un chômage endémique et  une pauvreté tenace, agressive et, presque structurelle qui  s’est obstinément installée sur toute l’étendue du territoire national au point que 75 % de la population congolaise vit désormais dans une extrême pauvreté.

En définitive, la richesse générée par 10% de taux de croissance au Mozambique n’est plus entraînée que par 0.08% de croissance en Corée du Sud et 0.008% au Japon. C’est pourquoi, il convient de toujours tempérer le triomphalisme né d’une progression annuelle du produit intérieur brut.

Le deuxième péril qui menace notre pays s’appelle Syndrome hollandais  ou en anglais « Dutch disease ».

Ce syndrome est une conséquence des problèmes macroéconomiques générés par la capacité d’absorption d’une économie suite à l’entrée massive de devises. Ce phénomène a été observé pour la première fois aux Pays-Bas, dans les années 60.

A titre d’exemple, le budget national du Congo est passé de 3 milliards de francs cfa en 1962, à 3000 milliards de francs cfa pour cette année 2008. Notre pays a sombré dans les facilités d’une économie de rente, avec 90% des recettes d’exportation et 75% des recettes fiscales provenant des hydrocarbures.

Le Congo dépend donc d’une monoproduction: le pétrole.

C’est cette dernière très forte spécialisation qui induit des effets pervers. Le pays  voit son développement freiné. Le cas du Nigeria est très édifiant sur ce plan. En effet, les deux booms pétroliers des années 70 ont engendré l’envolée des prix, combinée à la baisse conséquente des exportations non pétrolières (notamment agricoles). Ces booms pétroliers passés, le Nigeria constatera avec effroi, la quasi-dislocation de toute son agriculture dont la première conséquence a été l’apparition d’un grand déficit alimentaire, d’une inflation galopante et une balance commerciale déséquilibrée d’année en année.

Le sous-développement congolais est en train de s’aggraver  par le fait que les autres secteurs, aussi stratégiques pour un développement intégral, sont  laissés en marge des priorités publiques.


Notre économie est donc vouée aux fluctuations de cette rente. Par ailleurs, elle se heurte à d’importants goulets d’étranglements, tels le poids du tribalisme dans l’attribution des emplois, les critères politiques de localisation des unités de production (Exemple l’usine d’eau d’Okiessi à Oyo), la lourdeur de l’appareil administratif, la faible rentabilité des grands projets( aéroport militaire d’Ollombo), l’insuffisance des équipements électriques, des télécommunications et des voies de communication secondaires. Les quelques unités productives héritées de la période Massambat Débat sont en fin de vie et ne sont plus en mesure de créer la dynamique autonome du système productif ; celui-ci, fortement dépendant de l’extérieur, est caractérisé par des dysfonctionnements techniques, financiers et gestionnaires.

Affronter notre destin lié à la production pétrolière, c’est réduire considérablement les nombreux symptômes dus au syndrome pétrolier qui tire notre économie vers le bas. Faute de diversifier nos exportations, nous connaissons une spécialisation appauvrissante. Ce qui apparaît comme une diversification, profite beaucoup plus au secteur des biens non échangeables qu’aux biens échangeables. Ce sont pourtant les derniers qui génèrent de la valeur ajoutée.

Le pétrole devient alors, paradoxalement, la cause de l’approfondissement du sous développement  congolais.

Cependant, le Congo peut échapper à un tel syndrome si la gestion de toute l’économie suivait la voie de la rigueur, par l’utilisation des compétences nécessaires pour remettre l’économie sur pied. Et là, c’est à l’ensemble des filles et des fils de ce pays qu’il faut faire appel et redonner aux compétences leur vraie place dans la conduite de la chose publique.


C’est de notoriété publique, un syndrome peut en cacher un autre, aussi, pour l’instant, la grande des priorités reste sans nul doute la réduction des injustices entre le clan au pouvoir et le reste de la population, au risque de voir arriver un autre syndrome plus nocif. Rwandais, celui-là.

Djess Dia Moungouansi

Le Blog de Djess

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 Autopsie d’une schizophrénie du pouvoir : Cas du Congo-Brazzaville. (le 22/10/2008 à 15h28)

 

 

                                      

  

Autopsie d’une  schizophrénie du pouvoir : Cas du Congo-Brazzaville.

 

 

De nombreux  analystes politiques congolais  rivalisent de mâles propos sur les dérives du pouvoir actuel, les conclusions sont presque les mêmes, à quelques détails près : Sassou et son clan ont l’intention de tout faire pour confisquer le pouvoir d’Etat, fusse au prix de leurs vies ; au prix de la vie des congolais, surtout.

 

Une telle démarche étonne, vu l’état apocalyptique dans lequel ils ont délibérément plongé notre pays. Une retraite, comme le lui a toujours suggéré  son ex-comparse ( ?)  Ngouolondélé serait peut être la meilleure porte de sortie pour lui, mais rien n’y fait. Une seule explication à tout çà : la schizophrénie du pouvoir.

 

La psychanalyse nous aide à comprendre ce mal insidieux qui a habité  et sali l’âme de nombreux et célèbres empereurs, tout au long de l’histoire. Ses symptômes sont connus : l’ivresse que procure l’image de soi que vous renvoient chaque jour, les medias ; la sensation d’être Dieu parce qu’on détient entre les mains, le pouvoir de défaire des vies, d’en fabriquer, d’ordonnancer même la mort et de l’administrer ; la crainte, l’envie, la soumission et la terreur qu’on suscite autour de soi.

 

Comme l’écrit bien J. Anouilh, « Le privilège des grands, c’est d’admirer les catastrophes, de leurs terrasses. ». Ainsi,  les congolais privés d’électricité, d’eau courante, des soins de santé adéquats, rien n’est inhérent à une fâcheuse conjoncture, c’est une volonté machiavélique  pour faire durer le plaisir. De même, les membres de l’opposition  appauvris à dessein, et contraints d’aller demander l’aumône à l’empereur pour survivre,   ou le spectacle affligeant des  pseudo-sages du Kouilou qui viennent s’agenouiller  devant le trône , procèdent de cette démarche cynique qui vise à  agrémenter  les vices du roi de Mpila.

 

Le plaisir de Néron fut ainsi de voir brûler Rome et de se délecter de la fureur des flammes dévoratrices ; celui de Caligula était d’expérimenter le droit de vie et de mort (surtout de mort) qu’il avait sur le peuple, en ordonnançant, par moments, des exécutions à vous procurer quelque frisson. Le plaisir de Chaka était de voir l’ennemi empalé vivant, sur un pieu jusqu’à ce qu’il expire, las de souffrances insupportables. Jules César et les Romains, sauvages, de cette époque, jouissaient de voir les gladiateurs être dévorés par les lions ou bien s’entretuer : « Ave Caesar, morituri te salutan »Bonjour César, ceux qui vont mourir te saluent ! Tel était le rituel en vigueur, en prélude à la célébration des plaisirs étranges du grand empereur romain ! Sassou et ses tueurs à gage auraient aimé que nos 353 compatriotes froidement  massacrés en une seule après midi au Beach de Brazzaville,  eurent rendu un dernier hommage à leurs bourreaux.

 

 On devine aisément , comment, des loges étincelantes de lumière du Palais de Mpila où il trône, satisfait de soi, Sassou  se pâme d’aise quand  plusieurs membres de l’opposition se bousculent au portillon de sa mangeoire. Ces pseudos opposants , aux rêves si facilement monnayables, mais surtout,  si prompts à marchander leur conviction ! C’est cela, le plaisir des princes et des hommes qui possèdent la culture de la cruauté délicieuse : se délecter des petitesses de leurs (presque) semblables – les hommes. Un privilège des dieux.  L’écrivain burkinabé Patrick Ilboudo a d’ailleurs approfondi  la question  dans un livre au titre très évocateur : "vertige du trône"

 

 

 

Les peuples ne décèlent cette folie qui habite l’esprit de certains dirigeants maléfiques qu’après le temps de l’apocalypse, quand ces derniers ont fini de ruiner le monde, semant et laissant sur leurs passages, cendres, cris, cadavres et désolations.

 

Et Sassou  porte en lui, l’âme de ces dirigeants. Ni plus, ni moins dangereux qu’eux ; mais tout simplement, exactement comme eux. Ils sont venus pour bousculer le monde, le rendre un peu différent de ce qu’il était, avant eux. Pas forcément meilleur ni pire, mais tout simplement (ou tragiquement – c’est selon), différent.

 

Après plus d’un quart de siècle d’un règne sans partage, l’empreinte  de Sassou ne passera jamais inaperçu. Elle  entrera forcément dans le ventre de l’histoire, car après le fracas de son passage, les historiens et les survivants indiqueront, toujours, une ère avant lui, une autre sous lui, et une ère après lui : il y aura ainsi le Congo  avant Sassou, le Congo sous Sassou, et le Congo après Sassou . En définitive , une chaotique série de Sassou I, II, III nous nargue, et si l’on y prend garde, une succession des Nguesso.  Cela sera ainsi parce que Sassou est venu pour déclencher le big-bang négatif au Congo en lui imprimant un certain ordre dont lui seul et les maîtres des secrets de l’ombre (ceux-là qui savent décrypter les grandes énigmes) ainsi que quelques analystes avisés, savent la logique. Je confesse mon ignorance sur ce plan.

Idi Amine, Hitler, Pol Pot, Staline, Sékou Touré, Mobutu n’étaient tous, que des fous, pas des grands hommes. Des fous lucides cependant, car ils avaient perçu, dans des moments de transe subliminale, la médiocrité du genre humain, la fragilité de la vie, enfin la puissance ― toute la puissance que donne le trône rouge du pouvoir.

La perte du contact avec la réalité obstrue toute lucidité, et le pouvoir moribond de Sassou refuse de comprendre qu’il faut bien plus que la maîtrise logomachique et l'habileté manœuvrière, pour gravir l'ultime marche du panthéon politique. Il faut  plus, même qu’au bout de longues années, être en paix avec sa conscience, serein au soir tombant du destin, persuadé que l'action menée est sa meilleure plaidoirie. Détaché des événements, détaché de soi, c'est parce qu'il n'attend plus rien que le politique obtient alors ce luxe suprême d'être un grand homme, au moment précis où cela lui est devenu indifférent. Dommage pour le cobra-suprême, il ne s’agit ici que des grands hommes  qui font vraiment l’Histoire…

 

Djess dia Moungouansi

 

Le Blog de Djess

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